Le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu mercredi soir à Ouagadougou l’émissaire américain Nick Checker. Le responsable du Bureau des affaires africaines au Département d’État des États-Unis était porteur d’un message de Washington visant à relancer la coopération entre les deux pays après une période de tensions.
Une volonté de relancer le dialogue
En visite dans la capitale burkinabè, Nick Checker a expliqué être venu présenter la nouvelle approche de l’administration du président Donald Trump concernant la coopération avec le Burkina Faso.
Selon lui, les États-Unis souhaitent désormais bâtir avec Ouagadougou un partenariat fondé sur une relation « d’égal à égal », dans le respect de la souveraineté du pays sahélien, souvent surnommé le « Pays des Hommes intègres ».
« Nous avons eu un échange très constructif au cours duquel nous avons discuté de notre volonté de relancer les relations entre les États-Unis et le Burkina Faso et de travailler ensemble sur des questions d’intérêt partagé », a déclaré l’émissaire américain à l’issue de l’audience.
Il a souligné que cette nouvelle orientation vise à tirer les leçons des incompréhensions passées, à restaurer la confiance et à renforcer la coopération sur des enjeux communs.
Une coopération sécuritaire et économique envisagée
Dans cette perspective, Washington envisage de développer plusieurs axes de coopération avec Ouagadougou, notamment dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, enjeu majeur pour le Sahel.
L’émissaire américain a notamment évoqué la possibilité de lever la suspension des exportations d’équipements militaires vers le Burkina Faso.
Les discussions ont également porté sur le renforcement de la coopération économique et commerciale entre les deux pays, avec une implication accrue des milieux d’affaires américains et burkinabè.
Ouagadougou insiste sur la souveraineté
De son côté, le chef de la diplomatie burkinabè, Karamoko Jean Marie Traoré, a salué cette nouvelle posture américaine, estimant qu’elle pourrait contribuer à redéfinir les relations entre les deux États après plusieurs années de tensions.
Selon lui, les deux pays partagent des préoccupations communes, notamment en matière de sécurité et de protection des populations.
« Les États-Unis veulent protéger leurs frontières, le Burkina Faso aussi ; les États-Unis veulent protéger leurs citoyens, le Burkina Faso aussi veut assurer la sécurité de ses citoyens », a-t-il affirmé, évoquant la nécessité de bâtir des partenariats gagnant-gagnant.
Le ministre burkinabè a également insisté sur la nécessité pour les partenaires internationaux de reconnaître pleinement la souveraineté et les choix stratégiques des pays africains.
« Il est plus que nécessaire que les États-Unis et l’ensemble des partenaires bilatéraux comprennent que nos pays ne sont pas des espaces qui n’attendent qu’à être assistés », a-t-il déclaré.
Une visite dans un contexte régional en mutation
Avant son étape à Ouagadougou, Nick Checker s’était rendu au Niger et au Mali dans le cadre d’une tournée régionale.
Cette mission vise à renforcer le dialogue entre les États-Unis et la Confédération des États du Sahel, alliance qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Cette visite intervient dans un contexte de recomposition des alliances diplomatiques et sécuritaires au Sahel, marqué par la volonté des autorités burkinabè de diversifier leurs partenariats internationaux.
Lfl








