L’arrestation de l’activiste panafricaniste Kémi Séba continue de susciter des réactions contrastées entre capitales africaines. Depuis Lomé, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a livré une lecture mesurée de la situation, tandis que les autorités sud-africaines maintiennent une ligne plus ferme, évoquant notamment une procédure d’extradition vers le Bénin.
Intervenant en marge d’une rencontre régionale sur le Sahel, le chef de la diplomatie nigérienne a confirmé que l’activiste dispose d’un passeport diplomatique nigérien valide. Selon lui, les échanges entre Pretoria et la représentation diplomatique du Niger se sont limités à une simple vérification de ce document.
Sur les raisons de l’interpellation, Niamey évoque un dépassement de séjour sur le territoire sud-africain, une infraction administrative qui, selon le ministre, constitue à ce stade la base des informations officielles en sa possession. Il a également indiqué que l’audience judiciaire a été reportée au 20 avril, tout en restant prudent sur les développements à venir.
Des accusations plus lourdes côté sud-africain
À Pretoria, les autorités présentent un tableau bien plus préoccupant. L’arrestation, intervenue le 13 avril, s’inscrirait dans le cadre d’une opération de renseignement visant un réseau présumé de migration irrégulière. Aux côtés de son fils et d’un troisième individu, Kémi Séba est soupçonné d’avoir tenté d’organiser un passage clandestin vers le Zimbabwe.
Les forces de l’ordre indiquent avoir saisi des téléphones portables ainsi qu’une somme importante d’argent en espèces lors de l’intervention. Les trois suspects ont été présentés à la justice le 15 avril, avant d’être placés en détention provisoire.
Une dimension internationale avec le Bénin
L’affaire prend une tournure encore plus sensible avec l’implication du Bénin. Selon les autorités sud-africaines, appuyées par Interpol, l’activiste serait recherché à Cotonou pour des faits liés à la sûreté de l’État. Dans ce contexte, une procédure d’extradition serait envisagée.
Face à cette hypothèse, le Niger adopte une posture prudente, affirmant ne pas avoir été officiellement saisi sur cette question, tout en reconnaissant que le dossier pourrait évoluer rapidement.
Entre divergences d’interprétation et enjeux diplomatiques, cette affaire dépasse désormais le cadre judiciaire pour s’inscrire dans un jeu d’équilibres entre États. Le rendez-vous du 20 avril pourrait ainsi marquer un tournant décisif dans ce dossier à forte portée politique.
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