Le parquet militaire de Bamako a rendu publique, le 1er mai 2026, l’identification de plusieurs présumés coauteurs des attaques coordonnées du 25 avril, qui ont ciblé simultanément plusieurs positions des Forces armées maliennes à Bamako, Kati, Gao, Kidal et Sévaré. Parmi les personnes citées figurent des militaires en activité, un militaire radié, un retraité, ainsi que l’opposant politique Oumar Mariko.
Cette annonce intervient dans un climat national encore marqué par les obsèques solennelles du général Sadio Camara, tué lors de ces opérations.
Une attaque coordonnée d’ampleur revendiquée
Selon les autorités, les attaques ont été lancées aux premières heures de la matinée, autour de 5h30, et ont simultanément visé plusieurs installations militaires stratégiques à travers le pays.
L’offensive a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ainsi que par le Front de libération de l’Azawad (FLA), dans ce qui est présenté comme une action coordonnée contre les forces de défense maliennes.
Kati : la mort du général Sadio Camara au cœur de l’émotion nationale
À Kati, l’attaque la plus symbolique a coûté la vie au ministre de la Défense, le général Sadio Camara, tué lors d’un assaut mené contre sa résidence par des éléments du JNIM.
Selon les premières informations officielles, il aurait engagé le combat contre les assaillants avant d’être grièvement touché.
Le Mali lui a rendu un hommage national le 30 avril 2026 sur la place d’armes du 34e régiment du Génie militaire à Bamako, sous la présidence du chef de l’État, le général Assimi Goïta.
À titre posthume, il a été élevé au rang de général d’armée.
Une cérémonie funèbre marquée par une forte mobilisation régionale
Les obsèques ont rassemblé les autorités maliennes de la Transition ainsi que plusieurs délégations étrangères.
La Guinée était représentée par une importante délégation conduite par le général Amara Camara et le ministre des Affaires étrangères Morissanda Kouyaté, envoyés spéciaux du président Mamadi Doumbouya. Des représentants du Burkina Faso et du Niger, membres de la Confédération des États du Sahel (AES), ont également pris part à la cérémonie.
Des militaires en activité et un opposant politique dans le viseur de la justice
Dans son communiqué, le parquet militaire évoque « l’implication notoire » du docteur Oumar Mariko, figure politique de l’opposition malienne. Il est notamment cité en lien avec des faits remontant au 22 avril, où il aurait été aperçu dans une zone contrôlée par le JNIM, aux côtés de militaires maliens retenus en otage.
L’enquête met également en cause plusieurs militaires : le sergent Diakaridia Sodio, l’adjudant Moussa Diane, l’adjudant-chef Mamadou Keita, tous en activité, ainsi que Soïba Diarra, militaire à la retraite. Les investigations confirment par ailleurs la mort d’Alassane Diallo dit « Abedi », ancien militaire radié, tué lors des combats à Kati.
Une enquête en cours et des arrestations déjà effectuées
Le parquet militaire précise que plusieurs arrestations ont déjà été opérées dans le cadre de l’enquête. Toutefois, d’autres personnes suspectées d’être impliquées, directement ou indirectement, restent activement recherchées par les services compétents.
L’instruction se poursuit afin de déterminer les responsabilités et d’établir avec précision les circonstances et la chaîne de commandement ayant conduit à ces attaques coordonnées.
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