Guillaume Soro et son mouvement Générations et peuples solidaires (GPS) donnent une nouvelle orientation à leur positionnement politique. Depuis son exil, l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne porte désormais la « Mériquité », présentée comme une doctrine politique originale et adaptée aux réalités africaines.
Cette nouvelle pensée intervient dans un contexte où GPS cherche à clarifier son identité idéologique. Le mouvement, dissous par la justice ivoirienne, entend rompre avec les classifications politiques traditionnelles et affirme ne se reconnaître dans aucune des grandes doctrines héritées du XXᵉ siècle.
« Nous ne sommes pas socialistes. Nous ne sommes pas des capitalistes ultra-libéraux. Nous ne sommes pas des marxistes. Nous ne sommes pas communistes. Nous ne sommes pas des sociaux-démocrates. Nous sommes des Mériquitiens », affirment les partisans de Soro.
Une pensée présentée comme une troisième voie
Selon ses promoteurs, la Mériquité est née d’un travail de réflexion associant notamment politologues, sociologues, anthropologues et juristes. L’objectif affiché est de construire une doctrine qui parte des réalités sociales, culturelles et économiques propres aux sociétés africaines.
Le courant se montre particulièrement critique à l’égard d’une « bourgeoisie ultra-libérale compradore », accusée de favoriser la dépendance économique et la captation des ressources nationales par des intérêts extérieurs.
Mais la Mériquité ne se limite pas à une critique du libéralisme. Elle entend également se distinguer du socialisme, du communisme, du fascisme, de la social-démocratie et du conservatisme, considérés comme des modèles insuffisants pour répondre aux défis actuels.
Le mérite individuel au cœur de la doctrine
La nouvelle doctrine place l’être humain au centre de la réflexion, tout en reconnaissant le rôle déterminant de la communauté dans sa construction.
L’individu est considéré comme le produit d’une histoire, d’une famille, d’une culture et d’un environnement social. Cette appartenance crée des responsabilités envers la collectivité, mais ne doit pas conduire à effacer les droits ou le mérite de chacun.
La Mériquité défend ainsi un principe d’équilibre : la société doit donner à chaque personne les moyens de progresser, sans lui confisquer les fruits de ses efforts et de son mérite.
Pour GPS, cette approche constitue un « humanisme moderne » et une voie alternative aux modèles idéologiques classiques.
Reste désormais à traduire cette philosophie en propositions concrètes. Le mouvement annonce que les prochaines étapes de sa réflexion devraient préciser les applications de la Mériquité dans les domaines de la gouvernance, de l’économie et du développement.
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