Face à la menace terroriste qui gagne du terrain en Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire entend renforcer une autre ligne de défense : la confiance entre les forces de sécurité et les populations. Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) a lancé, mercredi 2 septembre 2026 à Abidjan, son intervention dans le cadre du projet régional « Renforcer la protection des droits de l’Homme, instaurer la confiance et prévenir la radicalisation en Afrique de l’Ouest » (PSP-WA).
L’objectif est clair : faire du respect des droits humains, du dialogue et de la justice sociale des instruments à part entière de prévention de l’extrémisme violent.
Lors de la cérémonie organisée au siège du CNDH, en présence de représentants diplomatiques, d’agences des Nations unies, d’organisations internationales et de la société civile, le président de l’institution, Dr Adjelou Christian, a insisté sur la nécessité de dépasser une approche exclusivement sécuritaire. « La sécurité durable et la prévention de l’extrémisme ne s’obtiennent pas uniquement par la force, mais par le respect des droits humains et la justice sociale », a-t-il déclaré.
18 localités ciblées sur 27 mois
Financé par l’ambassade du Danemark à travers le Programme danois pour la Paix et la Stabilisation en Afrique de l’Ouest, le projet est porté par l’Institut Danois des Droits Humains (IDDH). Il couvre six pays : la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Ghana, le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
En Côte d’Ivoire, le programme s’étendra sur 27 mois, du 1er août 2026 au 31 octobre 2028, dans 18 localités. Il vise à rapprocher davantage la Police nationale des communautés à travers la promotion et la protection des droits de l’Homme.
Deux axes majeurs sont prévus. Le premier concerne le suivi des pratiques des forces de sécurité en matière de droits humains grâce à de nouveaux outils de collecte et d’analyse des données. Le second porte sur la création et le renforcement de cadres de dialogue permanent entre le CNDH, la Police nationale et les populations.
Les droits humains au cœur de la réponse sécuritaire
Pour le président du CNDH, l’usage légal de la force par les forces de l’ordre doit impérativement s’accompagner du respect de la dignité humaine. Cette exigence serait, selon lui, l’un des moyens les plus efficaces de bâtir une relation durable avec les populations.
La représentante nationale de l’IDDH, Koné Josiane, a abondé dans ce sens. Elle a estimé que la prévention et la lutte contre le terrorisme ne peuvent être pleinement efficaces sans une relation de confiance entre les forces de défense et de sécurité et les communautés.
L’IDDH accompagnera le CNDH dans le renforcement de l’approche fondée sur les droits humains, la conception d’outils dédiés à la sécurité et aux droits de l’Homme, ainsi que la formation de son personnel.
Le CNDH compte également sur la société civile, appelée à jouer un rôle de « sentinelle des droits de l’Homme » et de relais auprès des communautés.
À travers cette initiative, l’institution veut faire du dialogue, de la protection des libertés et de la confiance citoyenne des piliers de la prévention de la radicalisation en Côte d’Ivoire.
Lfl









