Face aux difficultés de traçabilité du cheptel, le Burkina Faso veut désormais utiliser la technologie pour mieux sécuriser les animaux. Le gouvernement a lancé une campagne d’identification électronique qui doit permettre de relier chaque animal à son propriétaire et de renforcer les moyens de lutte contre le vol de bétail.
À Kombissiri, dans la région du Nazinon, le ministre d’Etat chargé de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, a lancé samedi plusieurs opérations destinées à renforcer la santé et la productivité du cheptel.
Parmi elles figure la digitalisation de l’identification des animaux, présentée comme l’un des nouveaux outils de sécurisation de l’élevage.
Un dispositif directement associé à l’animal
Le système envisagé repose sur l’introduction d’un dispositif électronique dans la panse de l’animal. À l’aide d’un lecteur, les informations enregistrées pourront être associées à l’animal et à son propriétaire.
L’objectif est de rendre plus difficile la disparition de la traçabilité d’un animal et de faciliter son identification lorsqu’il est retrouvé.
Cette évolution marque surtout une volonté de passer d’un suivi essentiellement traditionnel du cheptel à un système davantage fondé sur la donnée.
Au-delà du vol, un enjeu de gestion du cheptel
La digitalisation intervient parallèlement à des campagnes de déparasitage, de vaccination et d’insémination artificielle.
La campagne de vaccination doit concerner plus de 18 millions de volailles, 5 millions de bovins et 5 millions de petits ruminants. L’insémination artificielle devrait, de son côté, toucher environ 100 000 bovins et 100 000 truies.
Pour l’Etat burkinabè, l’enjeu est donc double : protéger le patrimoine des éleveurs tout en améliorant la productivité du secteur.
Plus de 2 milliards FCFA mobilisés
L’ensemble des opérations représente un investissement public de plus de 2 milliards de francs CFA.
Dans un pays où l’élevage constitue une source importante de revenus pour les populations rurales, la capacité à identifier, suivre et sécuriser les animaux devient un enjeu économique autant que pastoral.
La question sera désormais celle de l’efficacité du dispositif sur le terrain : couverture du cheptel, fiabilité des données et capacité à utiliser rapidement ces informations lorsqu’un animal est déclaré volé.
Lfl






