À l’occasion de la Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud, placée en 2026 sous le thème: « Solidarité croissante : Alliance mondiale pour un développement inclusif et innovant », un enjeu prend une importance particulière : mieux faire circuler les solutions déjà développées dans les pays du Sud.
L’idée défendue est simple : l’Afrique ne manque pas nécessairement d’expériences utiles, mais ces expériences restent encore trop souvent limitées au pays où elles ont été développées.
Dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la nutrition, de l’alimentation scolaire ou de la protection sociale, plusieurs pays africains ont expérimenté des modèles susceptibles d’être adaptés ailleurs.
Faire circuler les solutions africaines
Le Centre d’Excellence Régional contre la Faim et la Malnutrition (CERFAM) s’inscrit dans cette logique. Il identifie et documente des pratiques prometteuses, facilite les échanges entre pays et accompagne leur adaptation à différents contextes.
La nécessité de cette coopération apparaît notamment face à l’ampleur des défis alimentaires. Selon le rapport 2026 sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, près de 309 millions de personnes étaient confrontées à la faim en Afrique en 2025, tandis que 56,6 % de la population vivait une situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave.
Des expériences déjà disponibles
La Zambie a notamment développé des systèmes hydroponiques destinés à renforcer la qualité nutritionnelle des repas scolaires. Le Bénin s’est, de son côté, appuyé sur l’alimentation scolaire liée à la production agricole locale.
La Côte d’Ivoire constitue également un espace d’échanges régionaux à travers le CERFAM. Des délégations africaines y ont étudié différentes expériences liées notamment à l’alimentation scolaire et au soutien aux petits producteurs.
Ces exemples montrent que la coopération Sud-Sud peut aller au-delà du transfert d’expertise : elle peut permettre à un pays d’observer une solution, d’en évaluer les résultats et de l’adapter à ses propres réalités.
Le véritable défi : passer du savoir au changement d’échelle
La nouvelle Alliance mondiale pour la coopération Sud-Sud et triangulaire entend justement renforcer ces connexions entre pays à la recherche de solutions et partenaires disposant de connaissances ou d’expertise.
Pour le CERFAM, trois leviers apparaissent essentiels : mieux documenter les bonnes pratiques, renforcer les plateformes de partage des connaissances et multiplier les missions techniques et visites d’étude.
L’enjeu dépasse donc la simple célébration d’une journée internationale. Pour l’Afrique, il s’agit désormais de transformer son propre capital d’expériences en un véritable outil de développement collectif.
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