L’intelligence artificielle accélère le développement logiciel, mais elle ne dispense pas les entreprises de contrôler la qualité de ce qu’elles produisent. C’est l’un des principaux enseignements de la première Journée ivoirienne des tests logiciels (JITL), organisée samedi 26 septembre 2026 à l’Ivoire Trade Center, à Abidjan-Cocody.
Réunissant experts internationaux, professionnels de la qualité, développeurs, responsables IT, entreprises et jeunes talents, cette première édition organisée par le Comité ivoirien des tests logiciels (CITL) a placé au centre des échanges une question devenue incontournable : comment garantir la fiabilité des produits numériques dans un environnement où l’IA accélère considérablement leur conception ?
L’IA accélère, le contrôle qualité reste indispensable
Vice-président de l’ISTQB et président du Comité français des tests logiciels, Olivier Denoo a défendu une lecture qui rompt avec l’idée d’une disparition prochaine du testeur.
Selon lui, l’IA peut accélérer la production de code, mais celui-ci devra toujours être vérifié, documenté, intégré et confronté aux besoins réels de l’utilisateur. Le risque, explique-t-il, n’est donc pas tant d’être remplacé par l’intelligence artificielle que de l’être par un professionnel capable de mieux la maîtriser.
Cette évolution implique une transformation des compétences. Le testeur de demain devra savoir utiliser l’IA, mais également comprendre ses limites et contrôler ses productions.
Cette approche rejoint d’ailleurs l’évolution des référentiels de l’ISTQB, qui développent désormais des compétences consacrées aussi bien au test des systèmes d’IA qu’à l’utilisation de l’IA dans les activités de test.
De la technologie à la qualité métier

Pour Karimu Leïla-Roxane, responsable de l’assurance qualité à l’ERCOS, le test logiciel gagne progressivement en importance dans les organisations. Dans des secteurs sensibles comme la banque, la pharmacie ou l’aéronautique, une défaillance logicielle peut avoir des conséquences financières, opérationnelles ou humaines importantes.
La qualité ne peut donc plus être considérée comme une étape finale du développement. Elle suppose une collaboration étroite entre développeurs, testeurs et responsables de projet.
La Côte d’Ivoire veut structurer le métier

Président du CITL et représentant de l’ISTQB en Côte d’Ivoire, Alexis Nana estime que le développement du numérique dans le pays rend cette profession de plus en plus nécessaire. Le CITL entend notamment promouvoir les standards internationaux du testing et favoriser leur introduction dans les formations informatiques.
L’organisation travaille également avec des établissements d’enseignement afin de mieux faire connaître le métier aux étudiants.
Avec près d’une quinzaine de speakers annoncés au programme, la JITL 2026 aura ainsi posé les bases d’un débat qui dépasse la seule question technique : dans une économie numérique en expansion, la capacité à produire rapidement ne suffit plus. La capacité à produire fiable, sécurisé et conforme aux besoins devient elle aussi un enjeu de compétitivité.
Dina Light







