L’affaire des démolitions de Koumassi-Campement franchit un nouveau seuil. Le député de Gouméré-Tabagne, Diabagaté Moussa, n’est désormais plus couvert par son immunité parlementaire dans le cadre de cette procédure. Selon plusieurs sources concordantes, l’Assemblée nationale a donné suite à la demande du parquet, ouvrant ainsi la voie à la poursuite de la procédure judiciaire le concernant. La levée de son immunité figure également parmi les sujets mis en avant dans la presse ivoirienne ce 6 octobre.
Le parlementaire est mis en cause dans l’enquête portant sur les démolitions opérées le 3 juin 2026 à Koumassi-Campement. Lors de son point d’étape du 16 septembre, le procureur de la République, Koné Braman Oumar, avait indiqué que les investigations attribuaient au député un rôle présumé dans la coordination et le financement de l’opération. Le parquet avait alors engagé la procédure nécessaire à la levée de son immunité.
Plus de dix heures d’examen
La demande aurait été examinée vendredi 2 octobre par le Bureau de l’Assemblée nationale. Selon les informations rapportées, plus de dix heures de débats auraient été consacrées au dossier, d’abord en formation restreinte puis élargie.
Le député aurait été entendu par ses collègues. Le Bureau aurait ensuite suspendu ses travaux afin d’obtenir des éléments complémentaires auprès du parquet général, avant de reprendre ses délibérations dans l’après-midi.
À l’issue de cet examen, la demande du parquet aurait été approuvée. Selon les informations rapportées par L’Éléphant Déchaîné, le PDCI-RDA se serait abstenu et un député RHDP aurait voté contre.
Une étape, pas une condamnation
La levée de l’immunité ne signifie toutefois pas que Diabagaté Moussa est condamné. Elle permet à la justice de poursuivre la procédure dans les conditions prévues pour un parlementaire.
L’enquête porte toujours sur les circonstances des destructions qui ont touché près de 6,9 hectares et environ 250 lots. Le parquet a notamment établi que la décision de justice invoquée pour justifier l’opération n’autorisait pas la démolition des habitations concernées.
Avec cette nouvelle décision parlementaire, le dossier Koumassi-Campement entre désormais dans une phase judiciaire particulièrement sensible : celle de la recherche et de l’établissement des responsabilités individuelles.
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