Il se serait présenté comme un ancien joueur des Étalons du Burkina Faso, installé en Allemagne, et aurait invoqué ses relations avec des personnalités connues pour gagner la confiance de son interlocuteur. À Agboville, un entrepreneur burkinabè affirme avoir remis près de 850 000 FCFA à cet homme, en plus des frais d’hébergement et de restauration impayés. Un récit qui met en lumière un mode opératoire présumé fondé sur la confiance et les promesses d’affaires.
Tout commence par une rencontre apparemment ordinaire dans un complexe hôtelier d’Agboville. Un homme, se présentant sous le nom de Djibril Compaoré, dit DC, sollicite une entrevue avec le propriétaire de l’établissement, un entrepreneur burkinabè installé en Côte d’Ivoire.
Selon le récit de l’hôtelier, son visiteur affirme être un ancien international de football vivant en Allemagne et de passage dans le pays. Il dit vouloir investir en Côte d’Ivoire, notamment dans l’immobilier, et rechercher des contacts pour acquérir des parcelles.
Pour établir sa crédibilité, il aurait évoqué ses relations avec des responsables de la communauté burkinabè et des personnalités connues, dont A’Salfo, leader du groupe Magic System. Le contact se noue rapidement. L’hôtelier lui accorde même une suite, présentée comme un geste de considération envers un compatriote.
Des besoins financiers qui se multiplient
Le lendemain, vendredi 9 octobre, les deux hommes visitent plusieurs terrains à Agboville. Ils se rendent également dans une agence bancaire, où le visiteur aurait expliqué attendre un transfert d’environ 40 millions FCFA depuis le Burkina Faso.
Selon l’hôtelier, son interlocuteur lui propose de conserver temporairement les fonds à venir. Il refuse cette demande, mais accepte ensuite d’effectuer plusieurs avances d’argent.
Les justifications se succèdent : des besoins personnels, de l’argent à envoyer à sa mère, des dépenses liées à des sacrifices familiaux et des frais divers. Une partie des sommes est remise en espèces, l’autre est transférée par Orange Money, notamment vers un numéro burkinabè.
D’après le récit, la première journée se solde par environ 500 000 FCFA remis au visiteur. Le samedi, une nouvelle demande de 200 000 FCFA est formulée, dont 150 000 sont transférés par téléphone et 50 000 remis en espèces.
Le doute s’installe à Abidjan
Le dimanche 11 octobre, l’homme annonce qu’il se trouve désormais à Abidjan. Il affirme séjourner dans un hôtel et explique qu’il doit régler des frais supplémentaires. Il sollicite encore 200 000 FCFA ; l’hôtelier indique lui avoir finalement envoyé 150 000 FCFA.
C’est après cette nouvelle opération que ce dernier dit avoir commencé à comprendre qu’il pouvait être victime d’une supercherie. Il s’interroge notamment sur le comportement de son interlocuteur, qui affirmait attendre d’importants fonds tout en sollicitant régulièrement de petites sommes.
Au total, l’hôtelier estime avoir remis près de 850 000 FCFA, sans compter l’hébergement, les repas et les boissons qu’il affirme ne pas avoir été payés. Il indique ne plus avoir eu de nouvelles de l’homme depuis le lundi 12 octobre.
Une confiance devenue coûteuse
L’entrepreneur affirme avoir déjà connu deux ou trois expériences similaires. Il envisage désormais de revoir sa manière d’accueillir les personnes qui se présentent à lui en invoquant des relations communes ou des projets d’affaires.
À ce stade, ces éléments reposent sur son témoignage. L’identité réelle de l’homme, ses prétendues fonctions sportives et les circonstances exactes des transferts demanderaient à être établies.
L’affaire rappelle néanmoins un principe essentiel dans les transactions entre particuliers : les relations revendiquées, les promesses de transfert et les projets immobiliers ne remplacent ni la vérification de l’identité ni les garanties financières.
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