Gestion des investissements, retards des travaux et climat social : le Conseil municipal d’Adjamé est monté au créneau, vendredi 16 octobre 2026, pour répondre aux critiques visant la municipalité dirigée par le député-maire Farikou Soumahoro. Une sortie qui remet au centre du débat la transparence dans la gestion publique et l’obligation de rendre compte aux citoyens.
La controverse autour de l’affaire dite « Fousseny Konaté à Adjamé » continue d’alimenter les discussions. Face aux déclarations diffusées ces dernières semaines sur les réseaux sociaux, les conseillers municipaux ont choisi de réagir publiquement. Réunis dans la salle de mariage de la mairie autour de leur porte-parole, Bamba Soumaïla, ils ont apporté leur version des faits concernant les projets communaux, l’utilisation des ressources et le climat social.
Leur démarche vise, selon eux, à rétablir les faits et à préserver la confiance des populations. Mais au-delà de la confrontation des déclarations, le débat pose une question essentielle : comment apprécier concrètement la gestion d’une municipalité entre les prévisions budgétaires, les dépenses engagées et les ouvrages effectivement livrés ?
Budget voté, dépenses exécutées : une distinction déterminante
Au cœur des critiques figurent des accusations attribuées à Fousseny Konaté, selon lesquelles certains ouvrages annoncés n’existeraient que sur le papier et les ressources prévues auraient été affectées à d’autres dépenses, notamment à l’acquisition de véhicules.
En réponse, le Conseil municipal s’est appuyé sur des données qu’il attribue aux documents de sa Direction financière. Selon ses représentants, le taux d’exécution financière des dépenses d’investissement concernées serait d’environ 4 %, ce qui signifierait que près de 96 % des crédits considérés n’auraient pas encore été exécutés financièrement.
« Un budget voté n’est pas un budget exécuté », ont rappelé les élus. Ils précisent que les prestataires concernés doivent préfinancer les travaux et que les paiements municipaux interviennent conformément aux procédures, aux engagements contractuels et à la justification des prestations réalisées.
Cette distinction est importante : des crédits non exécutés ne peuvent être assimilés automatiquement à des fonds déjà dépensés. De même, un retard dans la réalisation d’un ouvrage ne constitue pas, à lui seul, la preuve d’un détournement. Mais ces explications ne dispensent pas la municipalité de documenter l’état d’avancement des projets, les engagements pris et les délais de livraison.
La question du partage des ressources
Les conseillers ont également réagi à une déclaration attribuée à Fousseny Konaté concernant l’ancienne gestion du maire Dembélé, aujourd’hui décédé, notamment à travers l’expression « tout le monde mangeait ».
Pour le Conseil municipal, cette formule mérite d’être clarifiée. Si elle désigne les retombées économiques et sociales de l’action municipale, elle peut nourrir un débat sur les bénéfices du développement. Si elle suggère plutôt une distribution des ressources publiques au profit d’intérêts particuliers, elle soulève une autre question.
Les élus ont rappelé que le budget communal est destiné aux infrastructures, aux équipements collectifs, aux services publics et à l’amélioration des conditions de vie, et non au partage entre individus.
Liberté d’expression et promesse de livraison
Autre point sensible : la phrase attribuée à Fousseny Konaté selon laquelle « à Adjamé, quand tu parles, tu es mort ». Les conseillers municipaux jugent ces propos graves, car ils pourraient laisser croire que la critique expose les citoyens à des menaces. Ils ont réaffirmé la légitimité de la critique publique et invité toute personne disposant d’éléments précis sur d’éventuelles menaces ou violences à saisir les autorités compétentes.
Reconnaissant par ailleurs des retards dans certains projets, la municipalité assure qu’ils ne signifient pas leur abandon. Sous l’impulsion du député-maire Farikou Soumahoro, elle dit vouloir renforcer le suivi des prestataires et accélérer les travaux. Son objectif annoncé est de livrer les projets concernés avant la mi-2027, sous réserve des contraintes techniques, financières et contractuelles.
Cette échéance constitue désormais un repère important pour apprécier les engagements municipaux. Au-delà des déclarations, la transparence sur les dépenses, la publication de l’état d’avancement des chantiers et le respect des délais annoncés seront déterminants pour nourrir un débat public fondé sur des faits.
Dina Light







