Après un vote indicatif défavorable au Conseil de sécurité, l’ancien président sénégalais Macky Sall a annoncé, le 17 octobre 2026, le retrait de sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. Si cette décision se veut un geste en faveur du consensus, elle révèle aussi les difficultés à réunir les soutiens internationaux indispensables pour accéder à la tête de l’organisation.
La candidature de Macky Sall à la direction des Nations unies n’ira pas plus loin. L’ancien président du Sénégal a annoncé son retrait au lendemain du vote indicatif organisé le vendredi 16 octobre au Conseil de sécurité. Selon les résultats rapportés par l’Agence ivoirienne de presse (AIP), il a recueilli cinq avis favorables contre dix défavorables, dont trois émanant de membres permanents de cette instance.
Dans sa déclaration, Macky Sall explique vouloir favoriser l’émergence d’une candidature consensuelle. Il estime que les consultations menées depuis le début du processus font apparaître une préférence pour une personnalité issue de l’Amérique latine et des Caraïbes, éventuellement une femme. Cette orientation constitue, selon lui, un élément important dans la décision de se retirer.
L’ancien chef de l’État précise avoir échangé avec le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, qui avait parrainé sa candidature, ainsi qu’avec le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, qui l’avait soutenue.
Un retrait dicté par les réalités du Conseil de sécurité
Le résultat obtenu par Macky Sall traduit les limites de son soutien au sein de l’organe chargé de recommander le futur secrétaire général. La Costaricienne Rebeca Grynspan est arrivée en tête du dernier vote indicatif, avec neuf avis favorables, devant notamment l’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), selon les informations rapportées par Reuters.
Ces résultats ne désignent toutefois pas un vainqueur. Les votes indicatifs servent à mesurer le soutien dont bénéficient les candidats et à identifier les oppositions susceptibles de compromettre leur progression. La décision finale reste conditionnée à une recommandation du Conseil de sécurité, puis à une nomination par l’Assemblée générale.
Le poids des cinq membres permanents — États-Unis, Chine, Russie, France et Royaume-Uni — rend l’exercice particulièrement délicat. Un candidat doit obtenir au moins neuf voix favorables au Conseil, sans opposition d’un membre permanent lors de la recommandation formelle.
Pour Macky Sall, les résultats du 16 octobre constituaient donc un signal politique défavorable. Son retrait apparaît comme une réponse pragmatique à cette réalité, même si le processus de succession demeure ouvert.
Le soutien africain n’a pas suffi
La candidature de l’ancien président sénégalais avait reçu l’appui du Burundi et du Sénégal. Ce soutien illustrait la volonté de promouvoir une personnalité africaine à la tête de l’organisation mondiale. Mais l’issue du scrutin rappelle que les appuis régionaux ne garantissent pas, à eux seuls, une adhésion suffisamment large au sein du Conseil de sécurité.
Cette situation relance le débat sur les moyens dont dispose l’Afrique pour renforcer son influence dans les institutions internationales. Le continent revendique depuis plusieurs années une représentation plus équitable dans les mécanismes de décision mondiale, notamment au Conseil de sécurité.
Cependant, cette ambition exige des alliances diplomatiques qui dépassent le cadre africain. Elle suppose également une coordination entre les États du continent et une capacité à construire des compromis avec des partenaires aux intérêts parfois divergents.
Il serait excessif de considérer le retrait de Macky Sall comme la preuve d’un échec général de la diplomatie africaine. Il met néanmoins en évidence les difficultés auxquelles se heurte une candidature lorsqu’elle ne parvient pas à réunir un soutien suffisamment large auprès des principales puissances.
La succession reste ouverte
La préférence évoquée pour une candidature latino-américaine ou caribéenne, éventuellement féminine, pèse désormais dans les discussions, sans constituer une décision définitive. Rebeca Grynspan figure parmi les prétendantes les mieux placées, mais les résultats du scrutin montrent que même les candidats arrivés en tête restent confrontés à des oppositions au sein du Conseil.
La succession d’António Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre 2026, se déroule dans un contexte international marqué par les conflits, les rivalités géopolitiques et les tensions financières qui affectent le fonctionnement des Nations unies.
Macky Sall a, pour sa part, réaffirmé son engagement en faveur de la paix, de la sécurité, du développement et de la coopération internationale. Il a également appelé à une transformation profonde de l’organisation et invité l’Afrique à poursuivre ses efforts pour occuper une place plus importante dans la gouvernance mondiale.
Son retrait clôt sa tentative d’accéder au secrétariat général, mais laisse entière la question de la représentation africaine dans les grandes instances internationales. Pour le continent, le défi reste de convertir ses ambitions en influence diplomatique durable, grâce à des positions coordonnées et à des alliances capables de peser sur les décisions mondiales.
Dina Light







