La désignation des chefs de village génère une part importante des contentieux administratifs en Côte d’Ivoire. À l’occasion d’une rencontre entre le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, et le président du Conseil d’État, Ibrahime Kuibiert-Coulibaly, les deux responsables ont annoncé leur volonté de renforcer leur collaboration et de privilégier les recours administratifs préalables pour désengorger la juridiction.
La gestion des conflits liés à la désignation des chefs de village s’impose comme un enjeu de gouvernance territoriale et de justice administrative. En Côte d’Ivoire, la consultation des populations concernées peut déboucher sur un arrêté préfectoral validant le choix d’un chef. Mais cet acte administratif peut être contesté devant le juge, lorsque des désaccords persistent autour de la procédure ou de son résultat.
C’est précisément sur ce terrain que le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité et le Conseil d’État entendent renforcer leurs relations. Reçu par Ibrahime Kuibiert-Coulibaly, récemment nommé à la tête de cette juridiction, le ministre Vagondo Diomandé a plaidé pour une meilleure coordination entre les deux institutions.
Une collaboration pour prévenir les contentieux
Pour le président du Conseil d’État, les contestations portant sur les arrêtés préfectoraux relatifs aux chefs de village peuvent, dans certains cas, être traitées avant d’atteindre la juridiction administrative.
« Il est bon que nous nous asseyions pour ne pas que certains débats soient portés devant le Conseil d’État quand on peut les résoudre en amont, à travers ce qu’on appelle le recours administratif préalable », a-t-il expliqué.
Cette démarche vise à encourager le règlement des différends par l’administration avant une éventuelle saisine du juge. Ibrahime Kuibiert-Coulibaly a résumé cette orientation par une formule bien connue : « Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. »
L’objectif affiché est de réduire les procédures judiciaires qui pourraient être évitées grâce au dialogue, tout en recherchant des solutions acceptables pour les populations concernées.
Vagondo Diomandé salue le parcours du président du Conseil d’État
La rencontre avait également une dimension protocolaire. À la tête d’une importante délégation de son ministère, Vagondo Diomandé est venu féliciter Ibrahime Kuibiert-Coulibaly pour sa nomination à la tête du Conseil d’État.
Le ministre a notamment salué son expérience à la tête de la Commission électorale indépendante (CEI), mettant en avant sa maîtrise des questions électorales et ses qualités de communication.
« Vous avez été pour nous un modèle, un modèle en termes de maîtrise de la chose électorale, mais aussi un modèle de communication », a déclaré Vagondo Diomandé.
Il a également souligné l’importance des relations entre le ministère chargé de l’administration du territoire et la juridiction administrative, compte tenu de leurs responsabilités respectives.
Un cadre de collaboration annoncé
Pour illustrer cette complémentarité, le ministre a comparé les deux institutions aux « deux jambes du même corps », indispensables à son équilibre.
Il a annoncé qu’une nouvelle rencontre devrait permettre de formaliser les règles et le contenu de leur coopération.
Le président du Conseil d’État a, pour sa part, évoqué un volume de 5 000 dossiers reçus entre mai et octobre 2026, précisant qu’une part importante concernait les contestations liées à la désignation des chefs de village, sans que tous les dossiers relèvent de cette seule question.
La réduction de l’encombrement judiciaire dépendra désormais de la capacité des deux institutions à transformer cette volonté de coopération en mécanismes concrets. Le défi sera de faciliter le règlement des différends sans priver les citoyens de leur droit de contester un acte administratif.






