Le Comité de concertation État-Secteur privé a braqué les projecteurs sur un outil encore sous-exploité mais à fort potentiel : le Système de récépissé d’entreposage (SRE). À l’occasion de la 4ᵉ édition de sa tribune « Zoom sur », organisée ce jeudi 16 avril 2026 en partenariat avec l’Autorité de régulation du système de récépissés d’entreposage, l’objectif était clair : accélérer l’adoption de ce mécanisme stratégique par l’ensemble des acteurs agricoles.
Placée sous le thème « Le SRE, un levier pour le financement de l’agriculture et de l’agro-industrie », cette rencontre a mis en lumière un dispositif capable de changer durablement les règles du jeu dans les filières agricoles ivoiriennes.
Concrètement, le SRE permet aux producteurs de stocker leurs récoltes dans des entrepôts certifiés et d’obtenir en échange un récépissé électronique. Ce document devient alors une garantie auprès des banques, ouvrant l’accès au crédit et permettant de vendre au moment le plus favorable, loin de la pression des prix post-récolte.
Pour Mariam Fadiga, l’enjeu est désormais l’appropriation totale de cet outil par les acteurs du terrain, afin de sécuriser l’approvisionnement des industries locales et stimuler la transformation des matières premières.
Même son de cloche du côté de l’ARRE. Son directeur général, Justin Koffi, voit dans le SRE un véritable levier de transformation, structuré autour de quatre piliers : un cadre réglementaire solide, des infrastructures adaptées, des acteurs agréés et une implication active des institutions financières.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. D’un seul récépissé émis en 2019 pour 34,6 tonnes, le système est passé à 982 récépissés en 2025, couvrant un volume de 26 404 tonnes. Des produits stratégiques comme la noix de cajou, le maïs ou encore la noix de cola sont désormais intégrés dans ce circuit sécurisé.
Pour Michel Manlan, cette progression confirme la pertinence du modèle et son potentiel à structurer durablement les chaînes de valeur agricoles.
Mais des défis restent à relever. Le Pr Justin Koffi insiste sur trois priorités : une meilleure appropriation par les producteurs, une mobilisation plus forte des banques et un renforcement des infrastructures de stockage dans les zones de production.
Au-delà des performances, le SRE se positionne comme un outil clé : sécurisation du financement agricole, réduction des pertes post-récolte, stabilisation des prix et amélioration des revenus des producteurs.
Pour soutenir cette dynamique, les autorités ivoiriennes, notamment les ministères de l’Économie et de l’Agriculture, envisagent la mise en place d’un fonds de garantie dès 2026, afin de réduire les risques pour les banques et encourager davantage de financements en faveur des petits producteurs.
En conclusion, Justin Koffi a lancé un appel sans détour : producteurs et institutions financières doivent saisir cette opportunité. Car derrière le SRE se joue une transformation profonde de l’agriculture ivoirienne, plus moderne, plus résiliente et surtout plus rentable.
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