Dans un contexte de forte volatilité du marché mondial, le délégué régional du Conseil du café-cacao pour l’Indénié-Djuablin, Kangouté Yaya, a mené une campagne d’information du 25 mars au 10 avril 2026 dans les localités d’Abengourou, Bettié et Agnibilékrou. L’objectif était de rassurer les acteurs de la filière sur la continuité du soutien public, malgré les tensions du marché international.
Une filière sous pression des marchés mondiaux
Selon les explications données le 20 avril 2026 à Abengourou, le marché du cacao a connu une baisse importante, avec des prix ayant chuté jusqu’à environ 1 650 FCFA/kg. Cette évolution est attribuée à des facteurs externes, notamment la spéculation et la baisse de la demande internationale.
Dans ce contexte, le prix garanti de 1 200 FCFA/kg a été maintenu grâce à l’intervention de l’État, alors que les estimations du marché plaçaient parfois les niveaux bien en dessous.
Un soutien public massif pour protéger les producteurs
Face à cette situation, l’État ivoirien a mobilisé d’importants moyens financiers. Un fonds de stabilisation de 231 milliards de FCFA a été activé pour soutenir les producteurs sur la campagne intermédiaire 2025-2026.
Par ailleurs, environ 280 milliards de FCFA ont été engagés pour le rachat de stocks résiduels, permettant d’absorber une grande partie des volumes détenus par les producteurs.
Cette politique s’inscrit dans la volonté du gouvernement de préserver les revenus agricoles dans une filière qui mobilise plus d’un million de producteurs.
Digitalisation et traçabilité renforcées
Pour améliorer la transparence, le Conseil du café-cacao a renforcé le système de paiement direct via la carte du producteur, intégrée à un dispositif national de traçabilité.
Près de 900 000 producteurs sont désormais enregistrés, et plus de 2 300 coopératives et acheteurs ont été intégrés au système, visant à réduire les intermédiaires et sécuriser les paiements.
Adaptation aux mutations climatiques
La filière cacao fait également face à des changements climatiques qui perturbent les cycles agricoles. Les récoltes deviennent plus précoces et moins régulières, obligeant à adapter le calendrier des campagnes.
Ainsi, l’ouverture des campagnes est désormais anticipée : septembre pour la grande campagne et mars pour la petite, afin de mieux répondre aux besoins économiques des producteurs.
Cap sur la stabilité et la prudence
Dans ce contexte incertain, Kangouté Yaya appelle à la prudence dans les réformes structurelles. Selon lui, les périodes de forte volatilité ne sont pas propices aux changements brusques.
Il insiste sur trois priorités : la sécurisation des revenus, la modernisation progressive de la filière et le renforcement de sa résilience face aux chocs extérieurs.
Un dispositif régional au cœur de la régulation
La délégation régionale d’Abengourou couvre l’Indénié-Djuablin et une partie du Gontougo, notamment Bondoukou et Tanda. Elle joue un rôle central dans le suivi de la commercialisation, la distribution des cartes de producteurs et le contrôle des coopératives, contribuant ainsi à la stabilité de la filière cacao en Côte d’Ivoire.
Roland Y.









