En meeting samedi dernier à Abobo, le vice-président du Front populaire ivoirien (FPI), Jean-Marie Konin, a lancé une charge virulente contre le pouvoir en place, accusant le régime du président Alassane Ouattara d’avoir installé un système de gouvernance marqué par le népotisme et la concentration des postes stratégiques au sein d’un cercle familial restreint.
À l’occasion de la célébration éclatée de la « fête de la liberté », tenue à la place Peggy d’Abobo, le cadre du parti de Pascal Affi N’guessan a adopté un ton particulièrement offensif face à militants et sympathisants.
« Sous la gouvernance du président Alassane Ouattara, la République est devenue une affaire de famille. Frère, enfant, beau-frère nommés à des postes stratégiques de l’État et de l’économie », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il qualifie de « privatisation du pouvoir ». Pour lui, « un État n’est pas un patrimoine familial ».
Cette sortie intervient dans un contexte politique déjà marqué par les spéculations autour de la succession du chef de l’État, Alassane Ouattara, réélu pour un nouveau quinquennat. Au sein du RHDP, plusieurs observateurs évoquent déjà les figures susceptibles d’incarner l’après-Ouattara, parmi lesquelles Téné Birahima Ouattara, actuel ministre d’État et frère cadet du président.
Nommé récemment vice-Premier ministre et ministre de la Défense, ce dernier occupe désormais une place centrale dans l’architecture gouvernementale, en tant que numéro deux de l’exécutif derrière le Premier ministre Robert Beugré Mambé.
Le chef de l’État avait justifié cette promotion en saluant les performances des forces de défense et de sécurité sous sa direction, estimant que leur efficacité justifiait cette montée en grade.
Mais cette ascension n’a pas laissé l’opposition indifférente. Le PPA-CI de Laurent Gbagbo avait déjà dénoncé une « gestion patrimoniale du pouvoir », ravivant le débat sur la concentration des responsabilités au sommet de l’État.
Interrogé sur les rumeurs évoquant un possible rôle dans la succession présidentielle, Téné Birahima Ouattara a lui-même temporisé : « C’est me faire trop d’honneur. On n’est pas encore là », avait-il déclaré en janvier dernier.
Dans ce climat politique tendu, la déclaration de Jean-Marie Konin s’inscrit dans une série de critiques de l’opposition, qui accuse le pouvoir de verrouiller progressivement les équilibres institutionnels à l’approche des prochaines échéances majeures.
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