Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, traverse l’une des périodes les plus délicates de sa carrière. Visé par des accusations d’agression sexuelle formulées par une collaboratrice, il a été suspendu de ses fonctions dans l’attente de l’issue de la procédure engagée contre lui.
Déjà en retrait depuis plusieurs mois afin d’assurer sa défense, Karim Khan continue de nier fermement les faits qui lui sont reprochés. La CPI a souligné que cette suspension constitue une mesure administrative et ne préjuge en rien de la décision finale qui devra être prise par les 125 États membres de l’institution.
Cette affaire intervient alors qu’un rapport remis en mars dernier à l’Assemblée des États parties avait conclu à l’insuffisance des preuves recueillies par les enquêteurs des Nations unies pour établir une quelconque responsabilité du procureur. Rédigé par trois juges indépendants, ce document avait écarté toute conclusion défavorable à son encontre.
Malgré cela, les conséquences institutionnelles se sont déjà fait sentir. Dans le cadre des mesures prises pour préserver l’impartialité de certaines procédures, Karim Khan avait notamment été récusé du dossier visant l’ancien président philippin Rodrigo Duterte, poursuivi pour crimes contre l’humanité.
Le magistrat britannique reste par ailleurs associé à plusieurs décisions marquantes de la justice pénale internationale. En 2024, il avait notamment joué un rôle central dans l’obtention de mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, dans le contexte du conflit à Gaza.
Alors que la procédure suit son cours, l’avenir de Karim Khan à la tête du parquet de la CPI demeure incertain. La décision attendue des États membres sera déterminante pour l’un des visages les plus connus de la justice internationale contemporaine.
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