Les opérations de démolition menées au quartier Campement, dans la commune de Koumassi, continuent de susciter des réactions. L’Observatoire du Barreau de Côte d’Ivoire pour les droits humains et la lutte contre la corruption a dénoncé, le 15 juin 2026, ce qu’il considère comme de sérieuses irrégularités dans la conduite du déguerpissement et annoncé des mesures d’accompagnement en faveur des populations affectées.
Dans un communiqué signé par Maître Drissa Traoré, président de l’Observatoire, et Maître Florence Loan-Messan, Bâtonnier de l’Ordre des avocats de Côte d’Ivoire, l’institution estime que l’opération du 3 juin dernier soulève plusieurs questions juridiques et institutionnelles qui méritent d’être clarifiées.
Selon l’Observatoire, les destructions ont concerné de nombreuses habitations et activités économiques sur une vaste emprise foncière, provoquant le déplacement de centaines de familles. L’organisation relève que le jugement présenté comme base légale de l’intervention ne visait qu’un nombre restreint de personnes et ne semblait pas autoriser une opération d’une telle ampleur.
Pour les responsables du Barreau, l’exécution d’une décision de justice ne saurait produire d’effets à l’égard de personnes qui n’étaient pas parties à la procédure. Ils considèrent ainsi que plusieurs occupants touchés par les démolitions pourraient avoir subi les conséquences d’une décision qui ne les concernait pas directement.
Le communiqué met également en avant des interrogations concernant l’intervention des forces de l’ordre et le respect des procédures encadrant le recours à la force publique lors des opérations d’expulsion.
L’Observatoire rappelle que la Constitution ivoirienne protège le droit de propriété et prévoit des garanties précises en cas d’expropriation ou de privation de biens, notamment le respect de l’intérêt public et l’indemnisation des personnes concernées.
Tout en saluant la décision du Procureur de la République d’ouvrir une enquête, l’organisation souhaite que celle-ci permette de déterminer les responsabilités éventuelles et d’apporter des réponses aux nombreuses préoccupations soulevées par cette affaire.
Afin de soutenir les populations touchées, le Barreau a annoncé l’ouverture, à compter du 19 juin, d’une permanence juridique gratuite à la Maison de l’Avocat de Cocody-II Plateaux. Des avocats bénévoles y accueilleront les sinistrés pour les informer sur leurs droits et les accompagner dans les recours susceptibles d’être engagés.
À travers cette démarche, l’institution entend contribuer à la protection des droits des citoyens affectés et favoriser un traitement juridique transparent de ce dossier qui continue d’alimenter le débat public.
Dina Light






