Quelques heures après avoir accusé la France d’être impliquée dans une tentative de déstabilisation du Niger, le président Abdourahamane Tiani a reçu, vendredi 4 septembre 2026 à Niamey, l’ambassadeur de Russie, Viktor Voropaev. Une rencontre qui intervient alors que les autorités nigériennes accélèrent leur réorientation diplomatique.
Au Palais de la Présidence, les discussions entre le chef de l’État nigérien et le représentant russe ont porté sur le renforcement de la coopération entre les deux pays. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, Bakary Yaou Sangaré, a également pris part à l’audience.
Cette rencontre intervient dans un contexte particulièrement tendu entre Niamey, Paris et plusieurs capitales de la sous-région.
Niamey maintient la pression sur la France
Réuni quelques heures avant l’audience, le Conseil des ministres nigérien a accusé la France d’être à la tête d’un « vaste réseau de connivences » qui aurait, selon le gouvernement, participé aux événements des 28 et 29 août à Niamey.
Les autorités nigériennes affirment disposer d’une « documentation conséquente » et indiquent se réserver la possibilité de saisir la justice internationale. Elles mettent notamment en cause des éléments du Bataillon spécial de renseignement du Commandement des opérations spéciales (BSR-COS) et évoquent des ramifications internationales.
Ces accusations restent cependant contestées et n’ont pas été établies de manière indépendante. Le Nigéria et le Bénin, notamment, ont rejeté toute implication dans une quelconque tentative de déstabilisation du Niger.
Moscou au cœur de la nouvelle stratégie nigérienne
Depuis le changement de régime de juillet 2023 et le retrait des forces françaises, Niamey a progressivement redéfini ses alliances extérieures. La Russie s’est imposée comme l’un des principaux partenaires du Niger dans cette nouvelle orientation, notamment sur les questions de sécurité et de coopération diplomatique.
La réception de Viktor Voropaev intervient ainsi comme un signal supplémentaire du rapprochement entre Niamey et Moscou. Elle s’inscrit dans la volonté affichée des autorités nigériennes de diversifier leurs partenariats et de renforcer leur souveraineté stratégique.
Les affrontements du 28 et 29 août en toile de fond
Sur le plan sécuritaire, le gouvernement nigérien affirme avoir récupéré, après les affrontements, un important matériel militaire comprenant notamment des pick-up armés, des véhicules blindés, des motos, des fusils AK-47, des RPG-7 et des mitrailleuses PKM.
Le Conseil des ministres a également évoqué l’implication présumée de plusieurs pays africains comme « passerelles » d’actions attribuées à Paris. Le capitaine Roger Gabriel avait, dans un témoignage diffusé par la Radio Télévision du Niger, cité notamment le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Tchad.
Face à ces accusations, les pays concernés ont rejeté toute implication. À Cotonou, Wilfried Léandre Houngbédji a notamment appelé à l’apaisement et à la normalisation des relations entre le Bénin et le Niger.
Aucun nouvel accord précis n’a été annoncé à l’issue de l’audience entre Tiani et l’ambassadeur russe. Mais dans un contexte de tensions croissantes avec plusieurs partenaires occidentaux et voisins, Niamey confirme, par cette rencontre, son choix de renforcer ses alliances avec Moscou.
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