La procédure engagée contre Justin Katinan Koné franchit un nouveau cap. Le 4e vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a été placé sous mandat de dépôt après l’ouverture d’une information judiciaire, dans un dossier qui mêle une plainte du RHDP à des investigations portant sur les violences liées à la présidentielle d’octobre 2025.
L’affaire a commencé le 7 septembre 2026, après une plainte du parti au pouvoir auprès du procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan. Le RHDP reproche notamment à Katinan Koné des faits qualifiés de diffamation, d’injure par le biais d’un système d’information et de diffusion de fausses nouvelles, à la suite de propos tenus lors d’une conférence.
Après l’audition des différentes parties, le dossier a pris une dimension supplémentaire. Les enquêteurs ont également été chargés d’interroger le responsable du PPA-CI sur sa participation présumée aux troubles survenus pendant la période électorale de 2025.
C’est ce volet qui a conduit au déferrement de Katinan Koné devant la Section antiterroriste du tribunal d’Abidjan et à l’ouverture d’une information judiciaire assortie d’un mandat de dépôt.
Selon les éléments communiqués dans le cadre de la procédure, plusieurs chefs d’accusation sont évoqués, notamment des faits qualifiés d’actes terroristes, d’attentat et de complot contre l’autorité de l’État, mais également de participation à un mouvement insurrectionnel, d’atteinte à l’ordre public, d’apologie de crimes de meurtre, d’attroupement armé ou non armé, ainsi que l’organisation de manifestations interdites et des incendies volontaires de véhicules.
Le parquet s’appuie notamment sur la loi de 2024 relative à la répression du terrorisme et sur plusieurs dispositions du Code pénal ivoirien.
Au-delà du cas individuel de Justin Katinan Koné, cette procédure intervient dans un climat politique déjà tendu autour de la question électorale et des poursuites visant des responsables de l’opposition. Elle place désormais la justice au centre d’un nouveau face-à-face entre le pouvoir et le PPA-CI.
Pour le parti de Laurent Gbagbo, qui dénonce régulièrement une instrumentalisation politique des procédures visant ses cadres, l’affaire constitue un nouveau sujet de confrontation avec les autorités. Pour le parquet, il s’agit au contraire d’une procédure judiciaire portant sur des faits qui doivent être établis dans le cadre de l’instruction.
La suite de la procédure devra donc déterminer la réalité et la qualification juridique des faits reprochés à Katinan Koné. À ce stade, aucune condamnation ne permet de considérer ces accusations comme définitivement établies.
Ljp






