Deux semaines après les événements survenus à la base 101 de Niamey, le pouvoir nigérien procède à une importante recomposition de sa hiérarchie militaire. Le général d’armée Abdourahamane Tiani a procédé le vendredi 11 septembre 2026 à quatre nominations au sommet des forces armées, dans ce qui apparaît comme une nouvelle étape de réorganisation de la chaîne de commandement.
La principale décision concerne le général Maman Sani Kiau, jusque-là chef d’état-major de l’armée de terre, nommé chef d’état-major des armées. Il succède au général Moussa Barmou.
Trois autres changements accompagnent cette nomination. Le général Abdourahmane Abou Zataka prend la tête de l’armée de terre, tandis que le général Ismail K. Sidi Omar est nommé chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air. Le colonel-major Ibrahim Abdourazak Ben devient chef d’état-major adjoint de l’armée de terre.
Le calendrier de ces décisions est particulièrement significatif. Elles interviennent moins de deux semaines après les événements des 28 et 29 août à Niamey, lorsque des militaires avaient pris position à la base 101 et effectué des tirs sur plusieurs sites sensibles de la capitale.
Initialement présenté par le ministère de la Défense comme un « mouvement d’humeur », l’épisode a ensuite été qualifié par les autorités nigériennes et la Confédération des États du Sahel (AES) de tentative de déstabilisation.
Les affrontements avaient notamment opposé des éléments du Bataillon spécial de reconnaissance du Commandement des opérations spéciales aux forces demeurées loyales aux autorités. Trois membres de la Garde présidentielle avaient été tués.
Les autorités avaient par ailleurs annoncé la saisie de plusieurs véhicules ainsi que d’un important arsenal, comprenant notamment 382 fusils AK-47, 36 RPG-7 et 30 mitrailleuses PKM.
Dans ce contexte, le renouvellement de plusieurs postes stratégiques apparaît comme un signal de reprise en main et de consolidation de la chaîne de commandement. Le choix d’un nouveau chef d’état-major des armées constitue notamment une décision majeure dans un appareil sécuritaire confronté à la nécessité de maintenir sa cohésion.
Au-delà des nominations, l’enjeu pour le pouvoir de Niamey est désormais de restaurer durablement l’unité de la hiérarchie militaire après cette crise interne. La stabilité du commandement devient ainsi un élément central de la consolidation du pouvoir du général Tiani.
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