La Côte d’Ivoire cherche à rapprocher davantage l’université de l’entrepreneuriat. À Abidjan, la remise du Prix de l’Étudiant-Entrepreneur, mercredi 23 septembre 2026, a permis de mettre en lumière trois projets issus du Design Sprint universitaire, mais surtout de franchir une étape supplémentaire : leur donner les moyens de passer du prototype à l’entreprise.
Le concours, porté dans le cadre du Programme d’appui à l’écosystème des startups (PAES) par CDC-CI Capital et l’Agence emploi jeunes (AEJ), avec l’appui du ministère de la Promotion de la Jeunesse, a mobilisé près de 4 000 étudiants à travers le pays et enregistré plus de 600 candidatures.
De l’idée au financement
L’équipe Impact Green, issue de l’Université Peleforo Gon Coulibaly de Korhogo, a remporté la première place. Elle est suivie par Crack Team, de l’École supérieure de commerce Groupe Castaing, et New Gen, de l’Université Polytechnique de Bingerville.
Le gouvernement veut désormais éviter que ces projets restent au stade de l’expérience universitaire. Une enveloppe globale de 50 millions de FCFA a ainsi été annoncée pour les trois équipes : 32 millions pour Impact Green, 11 millions pour Crack Team et 7 millions pour New Gen.
Les lauréats bénéficient également d’équipements informatiques professionnels et d’un programme d’incubation et d’immersion.
Un changement dans le rapport entre études et emploi
Au-delà de la compétition, le dispositif entend installer une autre conception du parcours universitaire. Le statut d’étudiant-entrepreneur permet aux étudiants de développer une activité entrepreneuriale parallèlement à leur formation, avec des aménagements académiques et l’accompagnement d’incubateurs.
Les projets entrepreneuriaux peuvent également être valorisés dans le cadre des stages de fin d’études.
L’enjeu est important dans un pays où l’insertion professionnelle des jeunes constitue un chantier majeur : il ne s’agit plus seulement de préparer l’étudiant à rechercher un emploi après son diplôme, mais aussi de lui permettre de construire progressivement une activité économique pendant sa formation.
Un dispositif appelé à changer d’échelle
Pour CDC-CI Capital, la compétition constitue l’un des quatre piliers du PAES. L’AEJ, de son côté, estime que les résultats de cette phase pilote permettent d’envisager un déploiement plus large.
La véritable mesure du succès se situera toutefois au-delà de la cérémonie : dans la capacité des trois équipes à transformer leur financement, leur accompagnement et leurs prototypes en entreprises viables et créatrices d’emplois.
C’est à cette condition que le Design Sprint universitaire pourra dépasser le cadre d’un concours pour devenir un véritable outil de transformation de l’innovation universitaire en activité économique.
Roland Yobouet







