Assemblée générale de l’ONU : le Mali accuse de nouveau l’Ukraine et réaffirme la ligne souverainiste de l’AES

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Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a profité de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, lundi 28 septembre à New York, pour renouveler les accusations de Bamako contre Kiev concernant son implication présumée auprès de groupes armés au Sahel. Dans une intervention également consacrée à la souveraineté, à la sécurité régionale et à la réforme de la gouvernance mondiale, le chef de la diplomatie malienne a défendu les orientations stratégiques de la Confédération des États du Sahel (AES).

Le ton de Bamako reste ferme à l’égard de Kiev. Devant les représentants des États membres de l’ONU, Abdoulaye Diop, intervenant au nom du président de la Transition, Assimi Goïta, a réitéré les accusations selon lesquelles l’Ukraine apporterait un soutien financier ou opérationnel à des groupes armés actifs dans la région sahélienne.

Pour appuyer son propos, il est revenu sur les déclarations de responsables ukrainiens en 2024, dans le sillage des affrontements de Tinzaouatène, dans le nord du Mali. Ces prises de position avaient entraîné la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays en août 2024.

Kiev avait rejeté ces accusations, niant toute implication directe dans les combats et tout soutien au terrorisme.

Lors de cette nouvelle sortie, le ministre malien n’a cependant fourni aucun élément supplémentaire établissant directement une implication ukrainienne dans les violences évoquées.

Sécurité au Sahel : Bamako évoque une alliance entre groupes armés

Abdoulaye Diop a également fait référence aux attaques coordonnées des 25 avril et 4 juillet 2026, survenues dans plusieurs localités maliennes. Il a dénoncé une « connexion dangereuse » entre les groupes jihadistes et les mouvements séparatistes, qu’il présente comme une menace majeure pour la stabilité du pays.

Dans son analyse des facteurs de déstabilisation régionale, le chef de la diplomatie malienne a notamment mis en cause l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011. Selon lui, la circulation des armes consécutive à cette opération a contribué à l’expansion des groupes terroristes dans le Sahel.

Il a, dans ce contexte, évoqué une « guerre hybride par procuration », à laquelle feraient face les forces armées maliennes, la Force unifiée de l’AES et la Russie.

« Nous n’avons pas d’injonction à recevoir »

Sur la question de la souveraineté, le message du ministre s’est inscrit dans la continuité des positions défendues par les trois pays membres de l’AES.

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a-t-il assuré, restent disposés à entretenir des relations de coopération avec leurs partenaires internationaux. Cette ouverture demeure toutefois conditionnée au respect de leur souveraineté, de leur intégrité territoriale et de leurs choix stratégiques.

« Nous n’avons pas […] d’injonction à recevoir », a déclaré Abdoulaye Diop, réaffirmant le refus de Bamako de voir ses orientations nationales dictées de l’extérieur.

Abordant la situation intérieure, il a également souligné que les autorités maliennes maintenaient leur offre de dialogue aux combattants prêts à renoncer aux armes et à rejoindre la République. Il a affirmé que des milliers d’anciens combattants avaient déjà intégré les forces de défense et de sécurité ou rejoint l’administration civile, sans fournir de bilan chiffré détaillé.

Réformer l’ONU et renforcer la place de l’Afrique

Au-delà des enjeux sécuritaires, l’intervention malienne a porté sur la nécessité de revoir les mécanismes de gouvernance internationale.

Abdoulaye Diop a plaidé pour une Organisation des Nations unies plus représentative des réalités contemporaines, avec une participation renforcée de l’Afrique dans les instances décisionnelles mondiales.

Il a également dénoncé l’application différenciée du droit international, qu’il assimile à une logique de « deux poids, deux mesures », et réclamé la levée des mesures coercitives unilatérales imposées à certains pays.

Sur le volet économique, le ministre a insisté sur la mobilisation des ressources nationales, la transformation locale des matières premières et la réduction de la dépendance à l’assistance extérieure.

Il a enfin souligné l’importance stratégique de l’intelligence artificielle pour l’avenir des États sahéliens, tout en appelant à un meilleur accès aux financements climatiques et au respect des droits des migrants.

Cette intervention à New York aura ainsi permis au Mali de remettre au centre du débat international ses revendications en matière de sécurité, d’indépendance stratégique et de réforme des institutions multilatérales, dans un contexte de recomposition des relations entre les États sahéliens et leurs partenaires.

I.inter

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