Après près d’une décennie passée au bloc opératoire, Valerie a choisi de transformer son expérience clinique en outil de transmission. Désormais chargée de cours à l’École de soins infirmiers périopératoires et de soins intensifs d’Accra, elle prépare au Ghana une nouvelle génération de professionnels à la prise en charge des patients avant, pendant et après une intervention chirurgicale.
Son parcours illustre le rôle déterminant de la formation dans l’amélioration de la qualité des soins. Après plusieurs années d’expérience en milieu opératoire, Valerie participe aujourd’hui aux programmes de formation de l’Institut des compétences en simulation médicale d’Accra, où elle contribue au renforcement des capacités des professionnels de santé.
Transformer l’expérience du bloc opératoire en savoir à transmettre
Dans ses enseignements, Valerie privilégie les illustrations, les exercices pratiques et les simulations. Une méthode qui permet aux étudiants de se confronter à différentes situations susceptibles de survenir dans un bloc opératoire et d’apprendre à y répondre avec efficacité.
Pour elle, transmettre son expérience est devenu une responsabilité.
« Je n’aurai pas cette énergie et cette force toute ma vie, alors je dois transmettre mon savoir aux autres », explique-t-elle.
Cette volonté prend également une dimension particulière lorsqu’il s’agit de l’accompagnement des patients.
« Une intervention chirurgicale est déjà une expérience éprouvante », souligne Valerie, estimant que les professionnels doivent pouvoir accompagner les patients et leurs familles tout au long de ce parcours afin de réduire autant que possible leur fardeau.
Une expertise enrichie au contact des navires-hôpitaux
Même après son passage vers l’enseignement, Valerie n’a pas rompu avec la pratique clinique. À la faveur d’un congé universitaire, elle est retournée au bloc opératoire comme bénévole de Mercy Ships à bord de l’Africa Mercy, à Madagascar.
Elle a ensuite participé à deux missions à bord du Global Mercy™ en Sierra Leone.
Ces expériences lui ont notamment permis d’observer les méthodes de travail des équipes médicales ainsi que leur coordination dans la prise en charge des patients avant, pendant et après les interventions chirurgicales.
Autant de connaissances qu’elle entend désormais transmettre à ses étudiants au Ghana, convaincue que le partage des compétences constitue l’un des moyens les plus durables d’améliorer les pratiques médicales.
Former les soignants pour renforcer la sécurité des patients
La trajectoire de Valerie prend un relief particulier à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée chaque année le 5 octobre.
Cette journée met en lumière la contribution des enseignants à la formation des générations futures. Elle intervient également, en 2026, dans le contexte du 60e anniversaire de l’adoption de la Recommandation de l’UNESCO et de l’Organisation internationale du Travail concernant la condition du personnel enseignant.
Dans le domaine de la santé, l’enjeu de la formation est particulièrement important. La qualité de l’enseignement dispensé aux futurs professionnels peut directement contribuer à renforcer leurs compétences et, à terme, la sécurité des patients.
L’impact de ces enseignants dépasse ainsi les salles de cours. Les compétences transmises se retrouvent ensuite dans les établissements de santé, auprès des patients et de leurs familles.
Le Ghana au cœur d’une mission de renforcement des compétences
Le parcours de Valerie intervient alors que le Global Mercy mène une mission de dix mois au Ghana.
Dans le cadre de son partenariat avec le gouvernement ghanéen, Mercy Ships propose gratuitement des interventions chirurgicales spécialisées et accompagne également la mise en œuvre du Plan national de chirurgie, d’obstétrique et d’anesthésie (NSOAP).
La formation, le mentorat et le développement des compétences constituent l’un des volets importants de cette mission. Mercy Ships travaille notamment avec le Ghana College of Physicians and Surgeons et l’École supérieure des infirmières et sages-femmes du Ghana afin de soutenir la formation postuniversitaire, notamment grâce à des stages réalisés à bord du navire.
Selon les informations diffusées par APO Group au nom de Mercy Ships, ces programmes doivent contribuer au renforcement des compétences des professionnels ghanéens et accompagner les priorités nationales en matière de soins chirurgicaux.
Une transmission qui peut se prolonger sur plusieurs générations
Parmi les étudiants ayant bénéficié de l’enseignement de Valerie figure Gabriel, qui achevait une licence en sciences à Accra.
Il garde de son ancienne enseignante le souvenir d’une professionnelle dont la clarté, la rigueur et la qualité pédagogique ont marqué son parcours.
Son influence a même contribué à faire évoluer les ambitions du jeune homme. Après avoir acquis suffisamment d’expérience clinique, Gabriel envisage à son tour de se tourner vers l’enseignement des soins infirmiers.
Une perspective qui illustre toute la portée de la transmission. Un enseignant ne forme pas seulement les professionnels qui prendront directement en charge les patients. Il peut également contribuer à former ceux qui, demain, formeront à leur tour d’autres soignants.
« Vous contribuez à sauver des vies parce que vous formez ceux qui vont ensuite travailler auprès des patients », résume Gabriel.
À travers le parcours de Valerie, la formation apparaît ainsi comme un maillon essentiel de la chaîne des soins : une compétence transmise aujourd’hui peut continuer à bénéficier aux patients pendant plusieurs générations.
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