Une affaire présumée d’escroquerie foncière prend une nouvelle dimension en Côte d’Ivoire. Le Parquet national financier du Pôle pénal économique et financier (PPEF) a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire visant Rita Bénédicte Djédjé Grahon, la société Ivoire Challenge Corporation SARL et plusieurs autres personnes, après le dépôt de plaintes par une soixantaine de personnes.
Selon les premiers éléments de l’enquête, des sommes provisoirement évaluées à 320 701 500 FCFA auraient été perçues auprès de plusieurs personnes auxquelles des parcelles auraient été proposées alors que la promotrice et sa société n’en seraient pas propriétaires.
La notoriété au cœur du mécanisme présumé
Le dossier prend une dimension particulière en raison du rôle attribué par le parquet à plusieurs personnalités publiques. Selon le communiqué, Rita Djédjé Grahon serait apparue dans des vidéos avec des artistes, journalistes et créateurs de contenus pour promouvoir les projets immobiliers concernés.
Certaines de ces personnalités auraient encouragé des acquéreurs potentiels à souscrire, en s’appuyant sur leur notoriété. D’autres auraient présenté les projets dans des groupes WhatsApp et auraient perçu des sommes pour le compte de la promotrice.
Parmi les personnes citées dans la procédure figurent notamment Zahibo Jean, alias John Jay, Serey Dié Geoffroy, Adrienne Koutouan, Agbré Stéphane alias Apoutchou National, Dali Dago Aristide alias Pantcho le Gatair, Kouamé Yeelen Virginie alias Maa Bio et Soumahoro Aboubacar alias Yaka Yaka de Paris, selon les éléments publiés autour du communiqué.
Des qualifications pénales lourdes
L’information judiciaire porte notamment sur des faits qualifiés d’association de malfaiteurs, escroquerie portant sur du numéraire par appel public à l’épargne, abus de confiance, faux et usage de faux dans des documents administratifs, complicité d’escroquerie et blanchiment de capitaux.
Le parquet a requis un mandat de dépôt contre Rita Bénédicte Djédjé Grahon et indique que les investigations se poursuivent afin de déterminer les responsabilités individuelles.
Au-delà du dossier immobilier, le parquet adresse un avertissement aux investisseurs comme aux personnalités disposant d’une forte audience : les opérations d’investissement promues sur les réseaux sociaux doivent être vérifiées avec la plus grande prudence.
L’affaire pose ainsi une question devenue centrale à l’ère des réseaux sociaux : jusqu’où peut aller la responsabilité de ceux qui mettent leur notoriété au service d’un investissement présenté au public ?
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