Avec une croissance projetée à 6 % en 2026, la Côte d’Ivoire resterait parmi les économies les plus dynamiques de la CEDEAO, mais occuperait la quatrième place parmi les pays disposant de prévisions comparables dans la mise à jour d’octobre 2026 du FMI. Derrière ce classement, les trajectoires économiques divergent et les risques extérieurs demeurent importants.
La Côte d’Ivoire conserve un rythme de croissance supérieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne, mais elle ne domine pas le classement ouest-africain. Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI) présentées dans sa mise à jour des Perspectives économiques régionales d’octobre 2026, le pays devrait enregistrer une croissance de 6 % en 2026, contre 6,5 % en 2025. Une reprise modérée à 6,1 % est attendue en 2027.
Parmi les pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour lesquels les données sont disponibles, trois économies feraient mieux en 2026 : la Guinée, le Bénin et le Niger.
La Guinée en tête, le Bénin ralentit
La Guinée arriverait en première position, avec une croissance attendue de 7,2 % en 2026, après 6,9 % en 2025. Le FMI anticipe une accélération à 7,8 % en 2027. Cette trajectoire placerait le pays en tête du groupe étudié, sous réserve de la réalisation des prévisions.
Le Bénin afficherait 7 % en 2026, après une performance de 8,1 % en 2025. Son activité économique ralentirait ensuite à 6,8 % en 2027. Le Niger enregistrerait également 7 % en 2026, contre 6,9 % en 2025, avant un repli à 6,5 % l’année suivante.
La Côte d’Ivoire se situerait donc derrière ces trois économies, avec une évolution moins spectaculaire, mais une croissance qui resterait supérieure à la moyenne régionale.
Des performances contrastées dans la CEDEAO
Le Ghana est crédité de 5,7 % en 2026, puis de 5,2 % en 2027. Le Mali passerait de 5,5 % à 5,7 %, tandis que la Gambie conserverait une croissance de 5,1 % sur les deux années.
Le Togo progresserait de 5 % en 2026 à 5,3 % en 2027. La Guinée-Bissau passerait de 4,7 % à 4,9 %, et le Burkina Faso de 4,4 % à 4,8 %. Le Nigeria afficherait 4,2 % en 2026 et 4,3 % en 2027. La Sierra Leone évoluerait de 4 % à 4,4 %.
Le Sénégal ne figure pas dans le classement pour ces deux années, faute de projections publiées pour 2026 et 2027 dans le tableau considéré. Son taux de croissance pour 2025 y est toutefois indiqué à 6,7 %.
Une croissance supérieure à la moyenne, mais exposée aux chocs
À l’échelle de l’Afrique subsaharienne, le FMI prévoit une croissance de 4,5 % en 2026 et en 2027. La prévision ivoirienne dépasse ainsi la moyenne régionale de 1,5 point en 2026.
Cette performance attendue ne met cependant pas l’économie à l’abri des incertitudes. Le FMI souligne notamment les risques liés à la hausse des coûts de l’énergie, des engrais et des produits alimentaires, aux conditions de financement difficiles et au recul de l’aide extérieure. Le phénomène climatique El Niño figure également parmi les facteurs susceptibles de peser sur les économies africaines.
Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu ne se limite donc pas à conserver un taux de croissance élevé. Il consiste aussi à consolider cette dynamique face aux chocs extérieurs et à en renforcer les retombées économiques et sociales.
Dina L.








