Le gouvernement ivoirien entend diversifier les sources de financement des actions en faveur de la santé mentale. Le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre Dimba, a invité le secteur privé et les collectivités territoriales à prendre une part active à cet effort national.
Cet appel a été lancé jeudi 29 octobre 2026, à l’ouverture du dialogue pays multisectoriel sur la santé mentale, organisé en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA). Cette rencontre intervient en prélude au 7e sommet mondial ministériel prévu à Kigali, au Rwanda, en 2027.
« Je voudrais lancer un appel au secteur privé, afin qu’il s’engage à nos côtés, dans le cadre des partenariats public-privé destinés à accroître les investissements nationaux en santé mentale », a déclaré Pierre Dimba.
Le ministre a également invité les collectivités territoriales, les organisations de la société civile et les associations de jeunes et de femmes à s’impliquer dans les activités de prévention, d’information et d’accompagnement. Il a rappelé que la santé mentale constitue une responsabilité partagée entre les pouvoirs publics, les familles, les écoles et le monde du travail.
Pour soutenir cette dynamique, il a annoncé que des ressources financières seront mobilisées à partir de 2027 afin de renforcer les interventions dans ce secteur.
Les enfants et les jeunes au cœur des préoccupations
La question de l’accès aux services de santé mentale pour les plus jeunes a occupé une place importante dans les échanges. Le représentant de l’UNICEF, Jean-François Basse, a notamment attiré l’attention sur les tentatives de suicide enregistrées chez les adolescents et les jeunes.
Selon les données qu’il a présentées, 30,54 % des tentatives de suicide recensées entre 2019 et 2021 concernaient les personnes âgées de 10 à 24 ans.
Face à cette situation, il a appelé à mettre en place des dispositifs permettant aux enfants et aux adolescents en difficulté d’obtenir une écoute adaptée et une prise en charge professionnelle.
« Agissons pour que tous les adolescents, les jeunes, les enfants qui demandent de l’aide trouvent une écoute, un professionnel formé, un service accessible et une orientation efficace », a-t-il lancé.
La feuille de route 2026-2030 mise en avant
Le directeur coordonnateur du Programme national de santé mentale, le professeur Assémian Médard Koua, a présenté les orientations de la feuille de route nationale couvrant la période 2026-2030.
Parmi les priorités figurent l’intégration des soins de santé mentale dans les services de santé primaires et le renforcement des mécanismes de prévention. Il a également insisté sur la nécessité d’associer davantage les jeunes à cette politique, affirmant : « Les jeunes sont la vie, les jeunes sont la solution ».
TILA, un nouvel outil numérique pour la santé mentale
Plusieurs activités ont ponctué cette rencontre, notamment un plaidoyer de jeunes en faveur de la santé mentale et la remise d’attestations de fin de stage à des jeunes psychologues de la 143e promotion du Programme jeunesse du gouvernement (PJGouv).
La cérémonie a également été marquée par le lancement de TILA, la plateforme numérique nationale de santé mentale. Cette initiative s’inscrit dans la volonté de renforcer les outils d’information et d’accompagnement dans un domaine qui mobilise désormais les acteurs publics, les partenaires internationaux et la société civile.
Roland Yobouet







