La Fédération des femmes du secteur du vivrier de Côte d’Ivoire (FFSV-CI) veut un accompagnement plus soutenu des pouvoirs publics et des partenaires au développement. Sa présidente, Gbakayoro Lucie, a plaidé pour l’octroi de subventions annuelles aux organisations féminines afin de renforcer leurs capacités, améliorer leurs conditions de travail et développer la transformation des produits agricoles.
Cette revendication a été formulée jeudi 29 octobre 2026, à la mairie d’Ayamé, lors de la 5e édition des Journées nationales du vivrier (JNV), organisée autour du thème : « Femme du vivrier, pilier de la souveraineté alimentaire et de la transformation agroalimentaire en Côte d’Ivoire ».
« Pourquoi ne pas accorder une petite subvention chaque année à l’Association des femmes du vivrier de Côte d’Ivoire pour aider à la formation et à la formalisation ? », a proposé Gbakayoro Lucie, appelant les mairies et les conseils régionaux à traduire leur soutien en actions concrètes.
Formation, formalisation et équipements : les besoins prioritaires
La présidente de la FFSV-CI a décrit les difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses femmes dans les différentes régions du pays. Malgré leur engagement dans les champs, les unités de transformation et les circuits de commercialisation, elles disposent souvent de ressources limitées pour développer leurs activités.
Elle a particulièrement insisté sur la formalisation des associations féminines. Pour elle, l’absence de statut et de structuration constitue un obstacle à l’accès aux financements et aux programmes d’accompagnement. Un soutien des collectivités permettrait ainsi de mieux organiser ces regroupements et de renforcer leurs capacités.
L’équipement représente un autre enjeu. L’acquisition de petits matériels agricoles et de transformation pourrait réduire la pénibilité du travail, limiter le recours à une main-d’œuvre extérieure et améliorer les revenus des productrices.
Transformer pour réduire les pertes après récolte
Au-delà de la production, Gbakayoro Lucie a mis en avant les difficultés rencontrées pour écouler les récoltes. Elle considère la transformation agroalimentaire comme un moyen de mieux conserver les produits et de limiter les pertes après récolte.
Les formations proposées pendant cette édition des JNV illustrent cette orientation. Elles portent notamment sur la fabrication de purées de tomates, de piments et d’aubergines, qui peuvent être conservées pendant plusieurs mois avant leur mise sur le marché.
Présente à la cérémonie au nom de la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, la députée Gnéba Nadine Mélanie a salué la place des femmes dans la chaîne vivrière. Elle a indiqué qu’elles représentent plus de 80 % des acteurs du secteur, assurant aussi bien la production que la transformation, le transport et la commercialisation des denrées.
Elle les a encouragées à se constituer en coopératives, à renforcer leurs compétences et à saisir les opportunités de formation pour développer leurs activités et accéder à de nouveaux marchés.
Des appuis annoncés pour faciliter le transport et la commercialisation
Le représentant de l’Office d’aide à la commercialisation des produits vivriers (OCPV) a invité les productrices à solliciter les services de l’Office, notamment ses infrastructures et ses formations consacrées aux techniques de commercialisation.
La Fondation SIFCA a, de son côté, annoncé la remise de deux tricycles destinés à faciliter le transport des récoltes depuis les sites de production jusqu’aux marchés. Cet appui vise notamment à réduire les difficultés d’acheminement et les pertes de produits.
Le maire d’Ayamé, Eba Sévérin, a pour sa part réaffirmé l’engagement de sa commune à soutenir l’agriculture vivrière, en particulier à travers l’organisation des productrices en coopératives. Il a souligné le rôle de cette activité dans la création d’emplois et la lutte contre la pauvreté.
Prévues pour s’achever samedi, les 5es Journées nationales du vivrier réunissent les acteurs de la filière autour de formations pratiques, d’expositions-ventes, de rencontres avec des acheteurs et de visites de sites de production. La productivité agricole, la préservation de l’environnement et la transition vers l’agroécologie figurent également parmi les sujets abordés.
Roland Yobouet







