Auditionné devant l’Assemblée générale des Nations Unies, l’ancien président du Sénégal, Macky Sall, a défendu une vision structurée et ambitieuse pour réformer l’Organisation des Nations Unies, dans un contexte mondial marqué par des crises multiples et imbriquées.
Face aux représentants des États membres, des organisations internationales et de la société civile, le candidat a placé son intervention sous le signe du rassemblement. Se définissant comme un « bâtisseur de ponts », il a insisté sur la nécessité de restaurer la confiance au sein d’une organisation fragilisée par les tensions géopolitiques.
Dans son analyse, Macky Sall a dressé le constat d’un monde confronté à des défis profonds : conflits armés persistants, rivalités entre grandes puissances, dérèglements climatiques, inégalités économiques croissantes et pressions migratoires. À cela s’ajoute, selon lui, l’essor rapide de technologies comme l’intelligence artificielle, qui impose une gouvernance adaptée.
Dans ce contexte, il a réaffirmé le rôle central du multilatéralisme pour répondre efficacement aux enjeux globaux, en particulier en matière de paix, de droits humains et de développement.
Fort d’un parcours de près de quarante ans dans les sphères publiques — incluant des fonctions de maire, ministre, Premier ministre et président —, il a mis en avant son expérience du dialogue international, notamment dans des cadres comme le G7 et le G20, ainsi que sa capacité à conduire des réformes dans des environnements complexes.
Sur le plan stratégique, Macky Sall a identifié comme priorité la restauration de la confiance entre les États et avec les citoyens. Il a plaidé pour une diplomatie de prévention plus active, reposant sur l’anticipation des crises, la médiation et une coopération renforcée avec les organisations régionales. Il a également appelé à une réflexion approfondie sur l’efficacité des opérations de maintien de la paix.
Réaffirmant son attachement aux droits humains, il a insisté sur leur caractère universel et indivisible, couvrant l’ensemble des dimensions civiles, politiques, économiques, sociales et culturelles.
Sur le volet économique, le candidat a mis en garde contre le poids croissant de la dette dans les pays en développement et les inégalités persistantes, notamment chez les jeunes et les femmes. Il a appelé à accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2030 tout en préparant les priorités de l’après-2030.
Pour y parvenir, il propose une approche renouvelée du financement du développement, fondée sur les partenariats, l’investissement privé et le commerce, avec un meilleur accès au crédit. Il a également souligné le rôle du Forum sur le financement du développement comme outil de transformation économique.
Sur le plan institutionnel, Macky Sall a plaidé pour une réforme en profondeur de l’ONU autour de trois axes : rationalisation, simplification et optimisation. Il a insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les différentes entités du système onusien afin d’accroître l’efficacité des actions sur le terrain et d’assurer une gestion transparente des ressources.
Il s’est enfin prononcé en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies, afin de renforcer sa légitimité et son efficacité dans la gestion des crises internationales.
Concluant son intervention, Macky Sall a averti que le monde se trouve « à un tournant décisif », appelant les États membres à faire preuve d’audace pour permettre à l’ONU de répondre aux attentes. « Il est temps d’agir », a-t-il déclaré, plaidant pour une organisation plus cohérente, plus efficace et résolument tournée vers l’avenir.
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