Le Mali a honoré jeudi, à Bamako, la mémoire du général Sadio Camara, ancien ministre de la Défense et des Anciens Combattants, lors d’obsèques nationales présidées par le chef de l’État, le général d’armée Assimi Goïta, sur la place d’armes du 34e régiment du Génie militaire.
Dans une cérémonie solennelle marquée par une forte émotion, les autorités de la Transition, les forces armées, des représentants diplomatiques et plusieurs délégations étrangères se sont réunis pour rendre un dernier hommage à l’un des hommes clés de l’appareil sécuritaire malien.
Le Premier ministre, le président du Conseil national de Transition, plusieurs membres du gouvernement ainsi que des représentants du Burkina Faso, du Niger, de la Guinée et d’anciens responsables maliens ont pris part à cet hommage, illustrant l’importance nationale et régionale de la disparition du haut gradé.
Dès son arrivée, le président Assimi Goïta s’est recueilli devant la dépouille de son ancien ministre, avant de signer le livre de condoléances. Drapé du drapeau national, le cercueil du défunt a ensuite été porté lors d’une marche funèbre empreinte de gravité et de respect militaire.
Moment particulièrement symbolique de cette cérémonie : le chef de l’État a élevé Sadio Camara à titre posthume à la dignité de général d’armée, consacrant officiellement son rôle central dans la reconstruction et la réorganisation des forces armées maliennes depuis 2020.
Figure influente de la Transition, Sadio Camara était considéré comme l’un des principaux architectes du renforcement de l’outil de défense du Mali dans un contexte de lutte intense contre les groupes armés terroristes.
Au nom de la Confédération des États du Sahel (AES), le ministre burkinabè de la Défense, Célestin Simporé, a présenté les condoléances des autorités burkinabè, tout en soulignant que le défunt a été tué dans une attaque menée par des groupes terroristes.
Dans une déclaration à forte portée politique, il a salué la mémoire d’un officier engagé et réaffirmé la volonté des États membres de l’AES de poursuivre la lutte contre le terrorisme avec fermeté.
Les différents hommages, portés par la famille, les compagnons d’armes, les camarades de l’École militaire interarmes de Koulikoro et les représentants sahéliens, ont unanimement décrit un homme de discipline, de courage et de fidélité à la nation.
Dans son oraison funèbre, le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, a salué « un patriote entièrement dévoué au Mali », présentant son parcours comme celui d’un soldat engagé au service de la souveraineté nationale.
La cérémonie s’est conclue par la sonnerie aux morts, un défilé militaire et la remise de la dépouille à la famille pour les rites funéraires.
Ministre de la Défense depuis l’installation de la Transition militaire en 2020, Sadio Camara incarnait une figure stratégique du pouvoir malien. Sa mort dans l’attaque de sa résidence à Kati, revendiquée par le JNIM, constitue un choc majeur pour les autorités et pour l’appareil sécuritaire du pays.
À travers cet hommage d’État, le Mali a salué la mémoire d’un haut responsable dont la trajectoire restera associée à une période décisive de recomposition militaire et de lutte pour la stabilité dans un Sahel confronté à des menaces persistantes.







