La scène politique ivoirienne est de nouveau agitée par une tribune signée Nadiany Bamba, surnommée « Nady », qui remet au centre du débat la question sensible de l’unité de la gauche. Dans ce texte au ton direct et assumé, elle répond aux critiques et questionne la pertinence des appels à une union des forces politiques issues de cet espace.
Cette prise de position intervient dans un contexte de recomposition difficile pour la gauche ivoirienne, encore marquée par les séquelles de 2025. Entre le PPA-CI, le FPI dirigé par Pascal Affi N’Guessan, le MGC de Simone Ehivet Gbagbo et le COJEP de Charles Blé Goudé, les initiatives de rapprochement peinent à dépasser les logiques de rivalités historiques, malgré certaines tentatives de coordination comme la CAP-CI.
Dans sa tribune, Nadiany Bamba rejette frontalement l’idée selon laquelle elle serait responsable des blocages internes. Elle rapporte les accusations dont elle dit faire l’objet : « C’est elle, c’est cette Nady qui empêche l’union de la gauche », avant de les qualifier de mécanisme récurrent consistant à désigner un responsable unique aux échecs collectifs.
Au cœur de son argumentaire, elle conteste la lecture traditionnelle du paysage politique ivoirien en termes de « gauche » et de « droite ». Selon elle, ces catégories importées ne reflètent pas la réalité nationale, structurée davantage autour de figures politiques historiques et de rapports de loyauté.
Elle revient également sur un échange avec Ahoua Don Mello, partisan d’une union de la gauche, intervenu avant l’échéance présidentielle de 2025. Pour elle, cette ambition relève d’un « décalage avec l’histoire politique ivoirienne », car elle ignore les clivages réels qui structurent les camps politiques.
La tribune s’attarde aussi sur la rupture du Front populaire ivoirien après 2011, opposant la ligne de Pascal Affi N’Guessan à celle restée fidèle à Laurent Gbagbo. Nadiany Bamba y voit moins une divergence idéologique qu’une séparation nourrie par les affects, les fidélités et les trajectoires personnelles.
Elle critique en filigrane les dynamiques actuelles d’union politique, qu’elle juge fragiles tant qu’elles ne reposent pas sur une clarification des fondements réels de l’engagement des acteurs. « Peut-on unir sans dire ce qui unit réellement ? », interroge-t-elle.
Dans une lecture plus tranchée, elle estime que la vie politique ivoirienne demeure structurée autour de deux pôles historiques dominants, incarnés selon elle par Félix Houphouët-Boigny et Laurent Gbagbo. Dès lors, toute tentative de dilution des identités politiques lui semble artificielle.
Elle conclut en affirmant une position sans ambiguïté : « Laurent Gbagbo incarne la gauche ivoirienne. La gauche ivoirienne, c’est Laurent Gbagbo », une formule qui illustre une vision centrée sur les figures plutôt que sur les constructions idéologiques.
Cette sortie relance ainsi les débats sur l’avenir de la gauche ivoirienne, ses possibilités de recomposition et les limites des projets d’unification dans un paysage politique encore profondément fragmenté.
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