La course à la présidence de la FIFA prend une nouvelle tournure. L’enseignant-chercheur camerounais Jean Crépin Nyamsi a officialisé sa candidature pour l’élection prévue en 2027, où il pourrait affronter le président sortant Gianni Infantino, engagé dans la perspective d’un quatrième mandat.
C’est lors d’un entretien accordé à AFO TV le 30 avril 2025 que l’universitaire a rendu publique sa décision. Dans une déclaration directe, il a affirmé : « Je suis candidat à l’élection présidentielle de la FIFA qui s’annonce en 2027. J’informe ceux qui vont au congrès à Vancouver qu’il y a une candidature qui est déclarée. »
Spécialiste en communication politique à l’Université Paris Dauphine, Jean Crépin Nyamsi présente sa candidature comme une ambition à la fois personnelle et symbolique. Il dit vouloir marquer l’histoire en devenant le premier Africain à occuper durablement la tête de la FIFA, une institution qu’il estime encore largement dominée par les équilibres traditionnels du pouvoir sportif mondial.
Il invoque également le précédent d’Issa Hayatou, qui avait dirigé la FIFA par intérim entre 2015 et 2016, pour rappeler que le continent africain a déjà approché les sphères les plus élevées de l’organisation.
Selon lui, cette nouvelle tentative est le résultat d’un long travail de préparation. « Les conditions n’étaient pas réunies. Il fallait ratisser large, tisser son réseau et être sûr de ses soutiens », explique-t-il, affirmant désormais avoir atteint un niveau de maturité politique et stratégique suffisant pour se lancer.
Dans cette optique, il dit avoir multiplié les contacts internationaux, rencontrant des responsables politiques, dirigeants sportifs et acteurs du football professionnel afin de consolider un réseau de soutien. Une démarche plus structurée que celle de 2023, où il avait finalement renoncé à concourir.
Cependant, la route vers la FIFA reste particulièrement exigeante. Le processus électoral impose notamment un contrôle d’éligibilité strict, une expérience récente dans le milieu du football et surtout le soutien d’une fédération nationale. Un point sensible pour le candidat camerounais, déjà en confrontation passée avec Samuel Eto’o lors de l’élection à la FECAFOOT en 2021.
Face à lui, Gianni Infantino dispose d’un avantage considérable, avec un réseau d’appuis consolidé au sein de plusieurs confédérations continentales, notamment en Afrique et en Asie.
Dans ce contexte, la candidature de Jean Crépin Nyamsi s’annonce comme une tentative audacieuse dans une élection où les rapports de force semblent déjà largement établis, mais où les débats sur la gouvernance du football mondial pourraient à nouveau s’intensifier.
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