Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a décidé d’accorder une grâce présidentielle à l’opposant Succès Masra, condamné à 20 ans de prison, ainsi qu’à huit autres responsables politiques. La mesure a été officialisée vendredi à travers deux décrets publiés par la présidence de la République.
Cette décision intervient quatre jours après l’annonce du chef de l’État de son intention d’accorder des mesures de clémence à certains détenus condamnés par la justice.
Selon les autorités, la grâce accordée à Succès Masra fait suite à une demande introduite par ses avocats auprès du président de la République. L’opposant avait été condamné à 20 ans de réclusion, assortis du paiement d’un milliard de francs CFA de dommages et intérêts.
La mesure présidentielle s’étend à huit autres responsables politiques appartenant à l’ex-GCAP, notamment des dirigeants et secrétaires généraux de partis. Comme Succès Masra, ces responsables avaient sollicité une grâce auprès du chef de l’État.
Une libération attendue dans les prochains jours
Les neuf bénéficiaires devraient être remis en liberté dans les heures ou les jours suivant la mise en œuvre des dispositions administratives nécessaires par le ministère de la Justice.
La présidence tchadienne apporte toutefois une précision importante : la grâce ne concerne que les peines pénales. Les condamnations civiles, notamment les dommages et intérêts, restent donc applicables.
Une mesure plus large en faveur des détenus
Le second décret présidentiel instaure une remise collective et partielle de peines pour un nombre important de condamnés détenus dans différentes prisons du pays.
Le dispositif exclut cependant plusieurs catégories d’infractions, notamment le terrorisme, le viol et les infractions liées aux stupéfiants. Les personnes condamnées pour corruption pourront bénéficier d’une réduction de leur peine, mais pas d’une grâce totale.
La libération prochaine de Succès Masra apparaît comme l’un des gestes politiques les plus significatifs de Mahamat Idriss Déby depuis son annonce d’une politique de clémence. Elle pourrait contribuer à ouvrir une nouvelle séquence dans les relations entre le pouvoir tchadien et une partie de l’opposition.
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