Le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), Charles Blé Goudé, hausse le ton face à la progression de l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire. Pour l’ancien ministre, le phénomène a dépassé le stade d’une simple activité minière illégale pour devenir une menace globale touchant à la fois la sécurité, l’environnement, l’économie et la cohésion sociale.
Qualifiant cette situation de véritable « guerre » contre le pays, Charles Blé Goudé estime que l’État doit revoir en profondeur son dispositif de lutte. Il propose notamment la création d’un ministère entièrement consacré à l’éradication de l’orpaillage clandestin, afin de coordonner les actions des différentes administrations concernées.
L’ancien ministre s’inquiète particulièrement des conséquences environnementales de l’exploitation illégale. Il cite la dégradation de plusieurs cours d’eau, notamment le Comoé, le Bandama, le Cavally et le Sassandra, qui seraient exposés aux rejets de substances toxiques utilisées dans l’extraction de l’or, telles que le mercure et le cyanure.
Au-delà de la pollution, il dénonce les conséquences sociales de l’installation de sites clandestins dans certaines zones rurales : conflits liés au foncier, développement de la drogue, prostitution et désorganisation des communautés. Pour lui, la destruction des terres agricoles constitue également une menace pour la souveraineté alimentaire et l’avenir des populations.
Charles Blé Goudé appelle surtout à s’attaquer aux réseaux qui financent et organisent ces activités. Selon lui, les interventions ne doivent plus se limiter aux opérations de déguerpissement, mais viser les commanditaires, les financiers, les fournisseurs de matériel et les circuits d’achat de l’or.
Il préconise ainsi une stratégie combinant action sécuritaire, traque financière et mesures judiciaires, avec notamment le gel des avoirs des principaux responsables identifiés.
Les opérations menées entre 2021 et le premier semestre 2026 auraient permis de déguerpir plus de 8 500 sites clandestins, de déférer 4 474 personnes, de saisir 136 kg d’or et d’intercepter plus de 960 millions de FCFA.
Pour le leader du COJEP, ces chiffres plaident en faveur d’une réponse plus structurée et permanente à un phénomène qu’il considère désormais comme une priorité nationale.
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