Le Burkina Faso veut davantage aligner son système éducatif sur ses ambitions de production et de transformation. À Ouagadougou, le ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Enseignement secondaire, Moumouni Zoungrana, a appelé à renforcer les filières scientifiques, technologiques et professionnelles afin de disposer des compétences nécessaires à cette orientation.
À l’ouverture, mardi, de la conférence annuelle des personnels d’administration des établissements post-primaire et secondaire du Kadiogo, le ministre a résumé l’enjeu en une formule : « nous avons besoin d’ingénieurs » et « d’ouvriers qualifiés ».
Former ceux qui vont fabriquer
Le message traduit une volonté d’adapter les compétences produites par l’école aux besoins d’un appareil productif que les autorités souhaitent davantage tourné vers la conception, la fabrication et la transformation locale.
Les formations scientifiques et technologiques doivent ainsi occuper une place plus importante, de même que les filières liées aux technologies de l’information. Pour le ministre, l’enjeu ne consiste pas seulement à acquérir des équipements industriels, mais aussi à disposer de techniciens capables de les exploiter et surtout de les maintenir.
Sa formule, volontairement imagée, résume cette préoccupation : « Ces machines-là, si elles sont en panne, qui les répare ? […] On va les réparer avec la science ! »
Une réorientation, pas un abandon
Moumouni Zoungrana, lui-même professeur titulaire de littérature orale, a pris soin de préciser que cette priorité donnée aux sciences ne signifie pas la marginalisation des sciences sociales.
Il s’agit plutôt, selon lui, de faire évoluer les formations en fonction des besoins du pays et des transformations attendues dans les secteurs productifs.
Cette logique place donc les ingénieurs, techniciens et ouvriers qualifiés au cœur du projet de renforcement des capacités nationales.
Les meilleurs élèves encouragés
Le gouvernement entend également stimuler l’intérêt pour les disciplines scientifiques. Le ministre a cité le concours Hakili Miusso, à travers lequel les meilleurs élèves en mathématiques, physique-chimie et chimie peuvent bénéficier de récompenses et d’avantages liés notamment aux études, au logement, à la restauration et à la connexion.
Les enseignants ayant contribué à leur encadrement devraient eux aussi bénéficier de mesures d’encouragement.
La conférence du Kadiogo, prévue jusqu’au 24 septembre, intervient ainsi comme un espace de réflexion sur une question centrale : comment faire de la réforme éducative un levier concret de montée en compétences pour accompagner les ambitions productives du Burkina Faso ?
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