La sécurité alimentaire africaine ne se joue plus uniquement dans les champs, les marchés ou les chaînes d’approvisionnement. Elle se joue aussi dans les laboratoires. À Abidjan, la deuxième édition du Forum international des sciences analytiques et du contrôle qualité (FISACQ) place précisément la science au cœur d’un enjeu devenu stratégique : garantir que les aliments consommés soient sûrs, conformes et traçables.
Ouvert mercredi 23 septembre 2026, le forum est organisé par la Société savante africaine de contrôle qualité (2SACQ) autour du thème : « Sécurité alimentaire et santé : défis analytiques et réponses innovantes ».
Du contrôle des aliments à la confiance des consommateurs
Pour les organisateurs, la sécurité alimentaire ne peut plus être réduite à la disponibilité des produits. Elle implique également leur innocuité sanitaire, leur qualité nutritionnelle et leur traçabilité.
Cette exigence intervient dans un environnement marqué par des risques multiples : pesticides, métaux lourds, contaminants issus des emballages, utilisation excessive d’intrants chimiques, mais aussi fraude et falsification des produits.
Le Professeur Ouattara Mahama, doyen de l’UFR des Sciences pharmaceutiques et biologiques, a placé les laboratoires au centre de cette problématique. Les sciences analytiques disposent désormais de techniques permettant d’identifier des contaminants et de vérifier la conformité des produits.
Mais l’enjeu est également institutionnel.
Des laboratoires plus solides, des normes plus cohérentes
Le Professeur Aké N’Gbo, président de l’ASCAD et parrain scientifique du forum, a appelé à construire une véritable « culture scientifique de la qualité ».
Cela suppose des méthodes fiables, des normes harmonisées et surtout des compétences capables de les mettre en œuvre.
Représentant le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Djimbala Diakité a, pour sa part, plaidé pour une recherche davantage tournée vers les besoins de la société.
Trois priorités ont notamment été avancées : renforcer les laboratoires et les plateaux techniques, mutualiser les infrastructures existantes et rapprocher davantage universités, industriels et autorités réglementaires.
L’enjeu africain : produire des preuves reconnues
Le défi dépasse donc la seule capacité à détecter un pesticide ou un contaminant. Il s’agit de disposer de résultats analytiques fiables, comparables et reconnus, susceptibles d’éclairer les décisions publiques et industrielles.
C’est tout l’intérêt du FISACQ, qui réunit à Abidjan chercheurs, universitaires, professionnels et acteurs du contrôle qualité.
Après un pré-forum les 21 et 22 septembre, les travaux se poursuivent jusqu’au 25 septembre, avec une trentaine de communications scientifiques, des rencontres B2B et des expositions.
La remise du Prix du jeune chercheur de la 2SACQ viendra également mettre en lumière les travaux considérés comme innovants.
À travers cette rencontre, la communauté scientifique africaine pose une question centrale : comment transformer la capacité scientifique à mesurer et détecter les risques en véritable outil de protection des consommateurs et de souveraineté sanitaire ?
Dina Light







