Le Burkina Faso entend renforcer ses propres capacités de formation militaire afin de disposer de cadres davantage adaptés aux réalités nationales et de réduire progressivement le recours aux formations à l’étranger. Le ministre d’État chargé de la Défense, le général de division Célestin Simporé, a défendu cette orientation vendredi à Ouagadougou.
Le ministre s’exprimait lors de la première séance du « Dialogue avec le Peuple », organisée au Pavillon du Soleil Levant du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), dans le cadre de la deuxième phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC).
« L’Afrique a besoin de ses meilleurs »
Pour le général Simporé, le renforcement des capacités nationales répond à un enjeu plus large de souveraineté. « L’Afrique ne doit plus envoyer ses meilleurs à l’extérieur, car l’Afrique a besoin de ses meilleurs pour développer le continent », a-t-il déclaré.
Cette volonté passe notamment par une ouverture plus large des possibilités de formation militaire aux Burkinabè. Interpellé par un élève du Prytanée militaire de Kadiogo sur l’accès du grand public aux bourses de formation, le ministre a assumé cette évolution, estimant qu’elle doit permettre d’élargir le vivier national de compétences.
« Tout ce qui se fait aujourd’hui, c’est pour vous », a-t-il lancé à l’adresse de la jeunesse.
Défense : plusieurs préoccupations sur la table
Les échanges ont également porté sur la sécurisation des frontières, le recrutement des réservistes, le rôle des Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP) et la lutte contre le grand banditisme.
Des participants venus du Sud-Ouest et de Mangodara ont notamment demandé un renforcement de la présence sécuritaire le long de la frontière avec la Côte d’Ivoire. Le ministre a assuré que cette question faisait l’objet d’un suivi, tout en appelant les populations à prendre part à la sécurisation du territoire.
Concernant les 100 000 réservistes annoncés, le gouvernement prévoit par ailleurs de renforcer progressivement les capacités d’enregistrement, notamment à travers une nouvelle plateforme et le déploiement de dispositifs dans les différentes régions.
À travers cette politique, Ouagadougou entend ainsi faire de la formation militaire un levier supplémentaire de souveraineté et de renforcement des capacités nationales.
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