Le RHDP ne sera pas présent au lancement du déploiement du Pacte social du PPA-CI, mais sa réponse a été saluée par le parti de Laurent Gbagbo. À Gonzagueville, Jean-Gervais Tchéidé a voulu mettre en avant la portée politique de cet échange, dans un contexte où les deux formations restent opposées sur plusieurs dossiers majeurs.
Le jeu politique ivoirien est souvent marqué par les confrontations, les accusations et les désaccords. Pourtant, à l’occasion du lancement du déploiement du Pacte social du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), samedi 10 octobre 2026 à Gonzagueville, dans la commune de Port-Bouët, un autre registre a été mis en avant : celui du respect entre adversaires.
Prenant la parole sur le terrain Terre rouge, Jean-Gervais Tchéidé, premier vice-président exécutif du PPA-CI, a publiquement salué la réponse du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) à l’invitation qui lui avait été adressée, à la demande de Laurent Gbagbo.
Une invitation, une correction, puis une réponse
Selon le récit de Tchéidé, le PPA-CI avait d’abord adressé son courrier au directeur exécutif du RHDP. Le parti au pouvoir a ensuite signalé un changement dans l’intitulé de la fonction, désormais celle de secrétaire exécutif. Le courrier a été corrigé avant d’être transmis au siège du parti.
Le RHDP a finalement décliné l’invitation, invoquant un calendrier chargé. Il a toutefois salué l’esprit de la démarche et adressé ses salutations ainsi que ses vœux de succès aux militants et sympathisants du PPA-CI.
« On vous remercie de nous inviter et on salue l’esprit qui est derrière cette invitation », a rapporté Jean-Gervais Tchéidé.
Le responsable du PPA-CI a tenu à remercier le secrétaire exécutif du RHDP, Cissé Ibrahima Bacongo, signataire de la réponse.
Le poids des mots dans un échange politique
La formulation rapportée mérite attention. L’emploi de « on » donne à la réponse une tonalité directe et moins solennelle que le « nous » habituellement associé aux correspondances institutionnelles. Mais, en l’absence du texte intégral de la lettre, il serait hasardeux d’en tirer une conclusion définitive sur les intentions du RHDP.
L’essentiel, aux yeux de Tchéidé, se situe dans le contenu du message et dans le fait que l’invitation ait reçu une réponse respectueuse, malgré le refus de participer à la rencontre.
« Les partis politiques sont des adversaires politiques comme dans un championnat de football, mais qui ne sont nullement des ennemis », a-t-il déclaré.
La courtoisie peut-elle coexister avec la confrontation ?
Le geste intervient alors que le PPA-CI et le RHDP restent en désaccord sur des questions sensibles, notamment la situation politique et judiciaire de Laurent Gbagbo ainsi que la réforme du système électoral.
Pour autant, le PPA-CI estime que ces divergences ne doivent pas empêcher les marques de considération mutuelle.
Cette séquence ne signifie pas nécessairement un rapprochement politique entre les deux formations. Elle montre néanmoins qu’un échange courtois demeure possible, même lorsque les positions sont opposées.
Dans un climat politique souvent tendu, le message de Tchéidé est clair : la confrontation démocratique n’oblige pas les acteurs à se considérer comme des ennemis.
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