La première édition du Salon national du karité (SNKA 2026) a été ouverte mardi 13 octobre au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, avec un appel à renforcer l’accompagnement économique des femmes et à accélérer la transformation locale. La Première Dame, Dominique Ouattara, a annoncé un appui matériel et financier de 94,49 millions FCFA en faveur des productrices. Au-delà de cette aide, les intervenants ont insisté sur un défi central : faire du karité une filière industrielle génératrice de davantage de valeur ajoutée en Côte d’Ivoire.
Le karité occupe une place importante dans l’économie de plusieurs régions ivoiriennes, mais le potentiel de cette ressource reste encore insuffisamment exploité. C’est l’un des enjeux mis en lumière lors de l’ouverture du premier Salon national du karité, organisé les 13 et 14 octobre autour du thème « Quel écosystème pour le développement durable de la filière karité en Côte d’Ivoire ? ».
Placée sous le haut patronage de la Première Dame et le parrainage du vice-Premier ministre chargé de la Défense, Téné Birahima Ouattara, la rencontre réunit les pouvoirs publics, les organisations professionnelles, les industriels et les partenaires de la filière.
Dominique Ouattara mise sur l’autonomisation des femmes
Présidant la cérémonie d’ouverture, Dominique Ouattara a annoncé un soutien composé de 74,49 millions FCFA d’équipements de transformation et d’une enveloppe de 20 millions FCFA destinée aux activités génératrices de revenus.
Le matériel comprend notamment des dépelliculeuses, des concasseurs, des presses, des moulins et des tricycles destinés à des groupements et coopératives des régions de la Bagoué, du Tchologo et du Bounkani.
« Le karité est une richesse précieuse pour notre pays », a souligné la Première Dame, en appelant les institutions financières, les entreprises et les partenaires au développement à renforcer leur soutien à cette activité.
Aller au-delà de la collecte
Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a présenté plusieurs priorités : structuration des circuits commerciaux, modernisation des équipements, certification des produits et préservation des parcs à karité.
La recherche constitue également un axe important. Le ministre a mis en avant les progrès du greffage, qui permettraient de ramener le délai de mise à fruit des arbres d’environ 25 ans à cinq ou sept ans.
Cette perspective rejoint les préoccupations des acteurs qui plaident pour le développement des plantations. En marge de l’ouverture du salon, Anderson Ehouman, responsable au Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA), a résumé cette orientation : « Aujourd’hui, l’avenir de la filière, c’est de faire des champs de karité. »
La valeur ajoutée comme indicateur de réussite
Pour le président de la Global Shea Alliance, Ali Saidu, les performances de la filière doivent notamment être appréciées à travers la valeur ajoutée créée localement, les emplois générés et la part des revenus revenant aux femmes et aux communautés rurales.
Cette question est déterminante pour une filière qui doit concilier approvisionnement durable, transformation industrielle et amélioration des revenus.
À Abidjan, les échanges du SNKA portent ainsi sur un objectif plus large que l’augmentation de la production : permettre à la Côte d’Ivoire de tirer davantage de valeur de son karité tout en améliorant durablement les conditions de vie des femmes qui en assurent la collecte et la transformation.
Dina Light








