La contestation de la gestion municipale d’Adjamé prend une tournure judiciaire. Fousseyni Konaté, cadre du RHDP, affirme que le maire Soumahoro Farikou est à l’origine de la plainte ayant entraîné sa convocation à la Préfecture de police d’Abidjan. Le responsable politique assure disposer de preuves pour étayer ses accusations. Son audition, initialement annoncée pour le 13 octobre 2026, a été reportée à une date ultérieure, selon KOACI.
Une controverse interne au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) se dessine autour de la gestion de la commune d’Adjamé. Fousseyni Konaté, membre du Bureau politique et du Conseil national du parti, est convoqué à la Préfecture de police après une intervention publique dans laquelle il a vivement critiqué plusieurs aspects de la gestion municipale.
Ses déclarations ont été faites le 3 octobre 2026, lors des Awards du Super Tournoi d’Abrass, dont il était le parrain. Diffusées sur les réseaux sociaux, elles mettent notamment en cause la concrétisation de projets communaux et l’utilisation des ressources de la mairie dirigée par Soumahoro Farikou, député-maire et membre du RHDP.
Des projets municipaux contestés
Dans son intervention, Fousseyni Konaté a évoqué notamment la construction d’un commissariat et la réhabilitation de foyers de jeunes. Selon lui, ces projets figureraient dans les documents de la mairie sans que leur réalisation soit suffisamment visible sur le terrain.
« On a les documents, mais on ne parle pas, on n’est pas pressé », déclarait-il, avant d’annoncer que « le moment de parler va venir ».
Le cadre du RHDP a également critiqué ce qu’il présente comme des dépenses importantes consacrées à l’achat de véhicules, estimant que les populations ne disposeraient pas d’explications suffisantes sur certaines dépenses communales.
Sans citer explicitement le maire dans tous les passages de son intervention, il a aussi dénoncé un climat qu’il considère défavorable à ceux qui questionnent la gestion de la commune.
Fousseyni Konaté affirme détenir des preuves
Contacté par Linfodrome après sa convocation, le cadre du RHDP a désigné Soumahoro Farikou comme plaignant. Il affirme que le maire souhaite connaître les sources de ses déclarations.
« J’ai toutes les preuves de ce que je dis », a-t-il déclaré.
L’intéressé n’a toutefois pas détaillé publiquement, dans les éléments disponibles, la nature exacte des documents ou autres pièces qu’il entendrait présenter.
La présentation de Fousseyni Konaté devant le Service des enquêtes générales de la Préfecture de police, initialement prévue le mardi 13 octobre, a été reportée à une date ultérieure, selon KOACI. Les motifs du report n’ont pas été précisés.
Une affaire qui met en jeu la transparence municipale
Cette controverse intervient à moins de deux ans des prochaines élections locales et dans un contexte où les questions de gouvernance communale peuvent alimenter des rivalités politiques, y compris au sein d’une même formation.
Pour l’heure, les accusations de Fousseyni Konaté demeurent ses propres déclarations. La version de Soumahoro Farikou n’a pas encore été recueillie dans les informations disponibles, et aucun élément ne permet d’établir que les faits allégués sont avérés.
La suite de la procédure devra permettre de préciser les circonstances de la plainte et les éléments que chaque partie entend présenter. Au-delà de la rivalité entre responsables du RHDP, l’affaire pose une question essentielle : comment articuler le droit de critiquer la gestion d’une collectivité et les éventuelles conséquences judiciaires de déclarations publiques ?
Lfl







