Réunis à Abidjan à l’occasion de la deuxième édition de l’AITEK Innovation Summit, les acteurs publics, privés et universitaires ont placé la maîtrise de l’intelligence artificielle au centre des réflexions sur l’avenir technologique de la Côte d’Ivoire. Entre encadrement des usages, cybersécurité et valorisation des compétences locales, les pouvoirs publics sont désormais confrontés à un enjeu majeur : transformer l’innovation en capacité stratégique.
L’intelligence artificielle s’installe progressivement dans les usages économiques, administratifs et sociaux. Mais derrière les perspectives offertes par cette technologie se pose une question fondamentale pour la Côte d’Ivoire : comment en organiser le développement sans compromettre la sécurité, l’éthique et la maîtrise des outils numériques ?
C’est autour de cette problématique que s’est tenue, vendredi 2 octobre 2026 à Abidjan-Marcory, la deuxième édition de l’AITEK Innovation Summit, placée sous le thème « De l’intelligence artificielle à l’impact ».
À l’ouverture des travaux, le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, a clairement souligné la nécessité d’adapter les mécanismes de régulation à l’évolution rapide des technologies génératives.
« L’intelligence artificielle générative est déjà là. Il faut maintenant en réguler l’utilisation », a-t-il déclaré.
L’État face au défi de l’encadrement technologique

Pour le membre du gouvernement, l’expérience des réseaux sociaux démontre les difficultés auxquelles les États peuvent être confrontés lorsque les innovations se diffusent plus rapidement que les dispositifs réglementaires.
L’enjeu consiste désormais à définir des règles favorisant une utilisation éthique et morale de l’intelligence artificielle.
Le ministre a également souhaité que les propositions issues du sommet soient transmises au ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique afin d’alimenter les réflexions gouvernementales.
Cette perspective place la rencontre au-delà du simple échange entre professionnels : elle ouvre la question de la traduction des recommandations du secteur technologique en orientations publiques.
Cybersécurité : la conformité comme exigence stratégique
Autre dossier majeur, la protection des systèmes d’information.
Amadou Coulibaly a appelé les entreprises publiques et privées à respecter les normes nationales de cybersécurité. Il a notamment rappelé que les statistiques disponibles ne prennent en compte que les attaques déclarées, laissant apparaître une partie seulement de l’exposition réelle des organisations.
Au-delà des pertes financières, les cyberattaques peuvent compromettre la réputation et la continuité des activités des entreprises.
De l’innovation à la création de valeur

Pour le fondateur et CEO du Groupe AITEK, Dr Redda Ben Geloune, la question n’est plus de savoir si l’intelligence artificielle va s’imposer, mais comment elle peut contribuer à améliorer les conditions de vie et à réduire le retard technologique africain.
« La véritable question aujourd’hui, c’est de savoir comment on va passer justement de l’intelligence artificielle à un impact », a-t-il expliqué.
Les cinq panels du sommet abordent notamment la souveraineté numérique, la transformation du travail, la performance de l’IA, la cybersécurité et le financement de l’innovation africaine.
L’ambition affichée est de faire émerger des propositions concrètes, des partenariats et des projets capables de renforcer les capacités technologiques du continent.
Pour la Côte d’Ivoire, le défi consiste désormais à articuler trois impératifs : encadrer les usages, sécuriser les infrastructures et permettre aux compétences locales de participer pleinement à la création de valeur numérique.
Dina Light








