Deux établissements bancaires, des virements transfrontaliers et plusieurs suspects interpellés. Une affaire présumée de fraude bancaire mobilise la Section de recherches de Dakar après les plaintes déposées le 30 septembre 2026 par Bank of Africa (BOA) et Bridge Bank Côte d’Ivoire, par l’intermédiaire de sa filiale sénégalaise. Les opérations décrites dans les deux dossiers portent sur un montant cumulé de 2 574 650 000 FCFA, selon des informations rapportées par le quotidien sénégalais Libération.
Bridge Bank réclame des éclaircissements sur 1,92 milliard FCFA
Le premier dossier concerne Bridge Bank Côte d’Ivoire. Entre le 10 août et le 27 septembre, plusieurs virements totalisant 1 924 650 000 FCFA auraient été effectués vers des comptes ouverts dans différentes banques de Dakar.
Selon les informations publiées, l’établissement ivoirien a saisi les banques concernées afin de demander le blocage des opérations avant de déposer plainte auprès de la Section de recherches.
À la BOA, une signature falsifiée et une anomalie électronique
Le second dossier porte sur deux virements de 200 millions et 450 millions de FCFA exécutés les 15 et 25 septembre au nom du client Abco Bourse SA. Les fonds ont été transférés vers un compte bénéficiaire ouvert au nom d’International Dia Business Services, dont le gérant est présenté comme Ismaïla Dia. Sur les 650 millions de FCFA transférés, 559 millions auraient été retirés.
Les vérifications effectuées par la BOA après la réception d’un troisième ordre de virement de 650 millions auraient révélé une signature falsifiée ainsi qu’une anomalie dans le domaine de l’adresse électronique utilisée pour confirmer le paiement.
Ces éléments constituent des indices examinés par les enquêteurs, mais ne suffisent pas, à eux seuls, à établir toutes les responsabilités.
Cinq personnes interpellées
L’enquête a conduit à l’interpellation de cinq personnes. Selon la presse sénégalaise, trois ont été placées sous mandat de dépôt, tandis que les autres sont sous contrôle judiciaire.
À ce stade, aucune condamnation n’a été prononcée. Les investigations doivent notamment permettre de retracer les mouvements de fonds, d’identifier les éventuelles complicités et de déterminer si tout ou partie des sommes peut être récupéré.
L’affaire pose également la question de la fiabilité des procédures de vérification appliquées aux opérations bancaires de grande valeur.
Au-delà des montants en jeu, la traçabilité des virements, la sécurisation des confirmations électroniques et la coordination entre établissements financiers apparaissent comme des enjeux majeurs de ce dossier transfrontalier.
Lfl








