La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) veut élargir son accompagnement des entreprises de l’espace UEMOA. Son président, Serge Ekué, a annoncé la mise en place prochaine de « BOAD Solutions d’entreprises », une nouvelle filiale détenue intégralement par l’institution régionale et destinée à renforcer son offre de services au secteur privé.
L’annonce a été faite à l’ouverture de la 14e édition de la CGECI Academy, le forum économique du Patronat ivoirien, organisé les 29 et 30 octobre 2026. Lors d’un échange avec Kadidiatou Fadiga Coulibaly autour du thème « Bâtir des leaders, transformer des Nations », Serge Ekué a exposé les ambitions de la banque en matière de transformation économique et de développement des compétences en Afrique.
« Nous allons publier nos comptes d’ici quelques mois. Je suis assez confiant » quant aux engagements et décaissements prévus. Pour ce faire, nous allons créer une structure détenue à 100 % par la BOAD (…) que nous allons dénommer BOAD Solutions d’entreprises », a-t-il annoncé.
Financement et conseil : une offre intégrée pour les entreprises
Cette nouvelle structure viendra compléter les filiales déjà opérationnelles de la BOAD, notamment BOAD Titrisation et BOAD Solutions du marché. Elle doit contribuer à mettre à la disposition des entreprises de l’UEMOA des solutions adaptées à leurs besoins, en combinant les ressources financières et l’expertise en ingénierie-conseil.
Serge Ekué défend une approche qui repose sur une connaissance approfondie des secteurs économiques. Pour lui, une institution de développement doit maîtriser les réalités de chaque filière, identifier ses acteurs et comprendre ses évolutions afin de proposer un accompagnement pertinent.
« Nous sommes une maison très axée sur les secteurs et j’apprécie beaucoup le caractère sectoriel de notre approche stratégique », a-t-il expliqué.
Le président de la BOAD a précisé que l’ambition est de disposer d’une expertise suffisamment spécialisée pour intervenir sur les différentes dimensions du financement des entreprises, des opérations sur titres aux financements par dette, tout en apportant des conseils adaptés à chaque secteur.
« Il n’y a jamais trop d’acteurs » dans le financement
La question de la complémentarité entre les institutions financières a également été abordée au cours de cet échange, notamment à propos du recours aux ressources concessionnelles pour accompagner les entreprises.
En réponse, Serge Ekué a défendu la nécessité de multiplier les initiatives face à l’ampleur des besoins de financement dans la sous-région. Il a illustré son propos par une expression familiale : « Ma mère avait coutume de dire à la maison qu’il n’y a jamais trop à manger dans une maison ».
Évoquant l’habitude de prévoir une place supplémentaire à table pour un éventuel invité, il a transposé cette image au secteur financier. « En matière de finance, il n’y a jamais trop d’acteurs, ce n’est pas un gâteau à périmètre complètement clos », a-t-il insisté.
Le capital humain, priorité de la transformation africaine
Au-delà des instruments financiers, le président de la BOAD a placé le développement du capital humain au centre de sa vision pour une croissance durable. Il a rappelé l’« ADN citoyen » de l’institution et souligné la nécessité de rapprocher les formations des compétences effectivement recherchées sur le marché du travail.
Cette articulation entre formation et emploi constitue, selon lui, un enjeu majeur pour permettre aux talents africains de contribuer pleinement à la transformation économique du continent.
« Si nous ne transformons pas la vie de nos citoyens, nous ne servons à rien », a-t-il déclaré, résumant ainsi la vocation sociale qu’il assigne à l’action de la BOAD.
Placée sous le thème « Capital humain, levier stratégique pour l’Afrique », cette 14e édition de la CGECI Academy a réuni des chefs d’entreprise, des présidents de patronat, des start-ups et des étudiants autour des défis liés aux compétences, au leadership et au développement économique.
Lfl






