L’orpaillage illégal constitue désormais une menace majeure pour les terres agricoles, les ressources en eau et la sécurité des populations, selon le Parti démocratique de Côte d’Ivoire–Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA). Lors d’une sortie médiatique organisée mardi 4 août 2026 à Abidjan, le porte-parole du parti, Bredoumy Soumaïla, a appelé les autorités à prendre des mesures urgentes pour enrayer un phénomène qu’il juge particulièrement préoccupant.
Le responsable politique a dénoncé l’ampleur des dégradations causées par l’exploitation clandestine de l’or. Selon lui, de vastes étendues de terres ont été « exondées, décapées » et privées de leur couverture végétale, compromettant leur capacité à soutenir durablement les activités agricoles.
« Tous nos fleuves, toutes nos rivières, tous les marigots sont atteints », a-t-il affirmé, évoquant une pollution des cours d’eau par des substances toxiques et des métaux lourds. Il a également décrit des eaux devenues « lourdes, voire stagnantes », présentant parfois des couleurs jaunâtres ou brunâtres et susceptibles de représenter un danger pour les populations.
Pour Bredoumy Soumaïla, la persistance de l’orpaillage illégal ne peut être dissociée de la responsabilité de certains acteurs locaux et administratifs. « La pratique cupide de cette activité bénéficie de la complicité de certains responsables coutumiers, de certains élus et cadres », a-t-il déclaré, estimant que l’administration locale et centrale n’était « pas exempte de toute culpabilité ».
Le porte-parole du PDCI-RDA a rappelé que son parti avait déjà attiré l’attention du gouvernement sur les risques liés à cette activité. Il a regretté que ces alertes aient été qualifiées, selon lui, de « xénophobes et d’ivoiritaires », alors que les autorités reconnaîtraient désormais une forte présence de personnes venues d’autres horizons parmi les pratiquants.
Au-delà des dégâts écologiques, le responsable politique a évoqué des conséquences économiques, sociales et sécuritaires. Il a notamment cité le banditisme, la consommation de drogue, le blanchiment d’argent et l’insécurité, tout en estimant les pertes annuelles liées à cette activité à plus de 3 000 milliards de francs CFA.
Face à cette situation, le PDCI-RDA appelle à une mobilisation urgente pour préserver les terres cultivables et protéger le patrimoine hydraulique national.
« Si cette pratique n’est pas jugulée, nous courrons indéniablement vers une famine généralisée », a averti Bredoumy Soumaïla, exhortant les autorités à agir avant que les conséquences environnementales et sanitaires ne deviennent irréversibles.
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